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UE/Chine : la tension monte encore d’un cran

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Alors que les États membres ont validé (sans majorité) le 4 octobre les sanctions de l’UE à l’encontre des voitures électriques chinoises, Pékin a répliqué le 8 octobre, en imposant un dépôt de caution aux importations de cognac de l’UE, au grand dam des professionnels. Bruxelles promet de réagir.

Les relations commerciales sino-européennes ne sont pas au beau fixe et cela ne risque pas de s’arranger prochainement. Les États membres ont approuvé, le 4 octobre malgré l’absence de majorité, la proposition de la Commission européenne d’imposer des droits compensateurs définitifs sur les importations de véhicules électriques à batterie en provenance de Chine. Ces sanctions devraient entrer en vigueur le 31 octobre, le lendemain de la publication au Journal officiel de l’UE. En réponse, le ministère chinois du Commerce a annoncé, le 8 octobre, la mise en place de mesures temporaires sous la forme d’une caution. Ainsi, à compter du 11 octobre, les importateurs européens de brandys – dont le cognac représente la quasi-totalité – devront fournir une caution en douane chinoise lors de l’importation de leurs produits. Les taux de caution sont déterminés pour chaque entreprise. Ils pourront aller de 30,6 % (Martell) à 39 % (Hennessy), conformément aux résultats préliminaires de l’enquête publiés le 29 août.

La diplomatie du cognac

« Cette nouvelle étape confirme la menace d’imposition de taxes définitives sur nos spiritueux, et cela dès que l’Union européenne aura officialisé ses surtaxes sur les véhicules électriques chinois », annonce déjà l’interprofession du cognac (BNIC). De crainte de voir les sanctions chinoises, qui planent au-dessus de la filière comme une épée de Damoclès, se matérialiser, le secteur du cognac militait, en amont du vote du 4 octobre, pour un report de celui-ci afin de parvenir à une « solution négociée » avec Pékin. Las, le BNIC se résout à seulement espèrer à présent que tout sera mis en œuvre pour éviter les conséquences néfastes de ces taxes pour la filière. « Les autorités françaises ne peuvent pas nous abandonner et nous laisser seuls face à des rétorsions chinoises qui ne nous concernent pas », précise l’interprofession dans un communiqué. Cette annonce de l’empire du Milieu semble ainsi mettre en échec la stratégie du président français Emmanuel Macron qui avait remercié le 6 mai son homologue chinois de ne pas imposer de taxes douanières « provisoires », à l’occasion de sa visite d’État en France. De son côté, SpiritsEUROPE, lobby européen des spiritueux, « appelle la Commission européenne à redoubler d’efforts pour trouver d’urgence une solution négociée avec ses homologues chinois ».

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Lire aussi : Cognac : Xi Jinping promet de ne pas imposer de taxes douanières « provisoires »

Bruxelles a pris le sujet à bras-le-corps. Elle a rapidement annoncé qu’elle contesterait « vigoureusement » cette décision devant l’OMC. « L’utilisation abusive de mesures de défense commerciale pour des motifs inappropriés constitue une violation manifeste des règles de l’OMC », avance l’exécutif européen dans sa déclaration. En parallèle, la Commission européenne se dit prête « à offrir un soutien approprié aux producteurs de l’UE confrontés à l’impact négatif de cette décision injustifiée du gouvernement chinois » en utilisant les outils qu’elle a à sa disposition. Après les produits laitiers, la bataille commerciale devrait donc se poursuivre à Genève, une nouvelle fois.