Un mois, c’est le délai que s’offrent l’UE et les États-Unis pour conclure un mini-accord commercial transatlantique avant que Washington augmente à partir du 18 mars prochain les droits de douane punitifs sur le secteur aéronautique européen de 10 à 15 %. Le commissaire européen au Commerce, Phil Hogan, souhaite saisir cette opportunité pour travailler sur un ensemble de propositions avec les dirigeants européens et ensuite les présenter au président américain Donald Trump avant la date fatidique. Dans la perspective de la signature dudit accord, « l’UE pourrait procéder à quelques concessions en acceptant que certaines mesures sanitaires et phytosanitaires non controversées soient révisées afin de simplifier les procédures d’autorisation à l’importation de certains produits tels que le suif ou encore en accélérant le processus d’approbation de certains OGM », indiquait le 19 février le négociateur commercial en chef de l’UE. Toutefois, celui-ci a précisé que l’UE donnerait la priorité à la « substance plutôt qu’à la vitesse » tout en indiquant, comme il le fait depuis le début de son mandat, que « l’UE ne transigera jamais avec ses normes en matière de sécurité alimentaire ou d’autres normes réglementaires ».
Obstacles aux nouvelles technologies
De leur côté, les États-Unis demandent aux Européens d’infléchir leur position en supprimant « les obstacles à l’adoption de nouvelles approches et technologies innovantes, notamment les restrictions réglementaires trop lourdes et inutiles ». Sonny Perdue, le secrétaire américain à l’agriculture dans une tribune publiée le 24 février, estime ainsi qu’« il est temps pour l’UE et les États-Unis de travailler ensemble pour résoudre le prochain grand défi qui nous attend, à savoir produire suffisamment de nourriture, avec moins d’intrants, pour nourrir une population mondiale croissante ». Un appel du pied alors que Washington espère que l’UE lèvera prochainement, dans le cadre d’un mini-accord commercial, une partie de ses exigences en matière de sûreté alimentaire (1). Les négociations à venir risquent ainsi d’être ardues, pas sûr qu’un délai d’un mois suffise pour arracher un accord qui serait sans doute très limité dans son contenu.
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(1) Voir n° 3727 du 03/02/2020
Accord USA/Chine : Washington se félicite des nouvelles exemptions chinoises de surtaxes sur des produits agricoles
Washington a fait part dans un communiqué publié le 25 février de sa satisfaction après l’acceptation par la Chine le 18 février des demandes de nouvelles exemptions tarifaires pour 696 produits importés des États-Unis, dont des produits agricoles tels que le porc, le bœuf, le soja, le blé, le maïs et le sorgho. Pékin devrait, selon les dires de l’administration Trump, préparer prochainement le terrain à de nouveaux achats, comme la signature d’un protocole autorisant l’importation de pommes de terre fraîches prédécoupées ou encore la levée de l’interdiction d’importer de la volaille américaine. Le secrétaire à l’Agriculture américain, Sonny Perdue, s’est dit « encouragé par ces progrès » et a assuré s’attendre à « un respect complet des engagements » de l’accord préliminaire dit de Phase 1 signé le 15 janvier, dans lequel Pékin promet d’acheter au cours des deux prochaines années pour 32 Mrds $ de produits agricoles de plus qu’en 2017 (24 Mrds $).