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UE/Indonésie : des tensions persistantes sur l’huile de palme

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Malgré deux différends à l’OMC et la conclusion d’un accord de libre-échange en septembre, l’huile de palme reste un sujet sensible des relations entre l’UE et l’Indonésie. Djakarta veut obtenir des sanctions contre l’UE à l’OMC tandis que Bruxelles maintient son droit compensateur sur les importations indonésiennes.

Les tensions récurrentes entre l’UE et l’Indonésie autour de la question de l’huile de palme se poursuivent malgré l’annonce, en septembre 2025, de la conclusion d’un accord de libre-échange contenant un protocole de coopération spécifique et l’établissement d’une plateforme de dialogue sur les évolutions réglementaires pertinentes sur cette question. Le ministre indonésien du Commerce, Budi Santoso, a ainsi annoncé, le 7 mars, solliciter l’organe de règlement de l’OMC (ORD) afin de suspendre les concessions commerciales de l’UE. Djakarta considère que l’UE n’a pas respecté le délai, fixé au 24 février, pour se mettre en conformité dans le cadre du différend lié aux mesures de l’UE concernant l’huile de palme et les biocarburants dérivés du palmier à huile (DS593).

Lire aussi : Huile de palme : l’OMC donne encore (en partie) raison à l’UE

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L’Indonésie reproche également à l’UE son absence d’indemnisation équitable pour le manquement à ses obligations envers l’OMC. « La suspension des concessions concernera principalement le secteur des marchandises, mais elle est ouverte à d’autres secteurs », a indiqué Budi Santoso. Et d’ajouter : « Nous veillerons à ce que les pertes soient calculées avec précision et que les cas soient traités efficacement, tout en maintenant les relations bilatérales avec l’UE ».

Maintien des protections

En parallèle, sur un autre différend, la Commission européenne a décidé, via un règlement d’exécution publié le 4 mars, de maintenir pour cinq ans ses mesures compensatoires définitives sur les importations de biodiesel d’Indonésie avec des taux définitifs variant de 8 % à 18 % en fonction de l’entreprise. À la suite du réexamen des mesures, Bruxelles a conclu que l’absence de celles-ci aboutirait selon toute probabilité à une continuation des subventions mais aussi à la réapparition du préjudice causé par les importations indonésiennes faisant l’objet de subventions. « C’est un signal clair », a réagi le Bureau européen du biodiesel (EBB) dans un message publié le 5 mars sur le réseau social LinkedIn. Et d’ajouter que « l’Europe ne permettra pas que les importations injustement subventionnées compromettent sa transition énergétique ». Les mesures initiales avaient été mises en place en novembre 2019 pour une durée de cinq ans. La prolongation de ces mesures intervient alors que celles-ci font l’objet d’une procédure de règlement des différends à l’OMC. Un rapport de panel de l’organe de règlement des différends de l’OMC (ORD) distribué le 22 août, a donné partiellement raison à l’Indonésie, invitant l’UE à mettre ses mesures en conformité avec l’accord sur les subventions et les mesures compensatoires.