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UE/Mercosur : Bruxelles tente de rassurer sans totalement convaincre

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Le service après-vente de l’accord de libre-échange UE/Mercosur se poursuit au Parlement européen. Accompagné de Christophe Hansen, Maros Sefcovic a tenté de rassurer les eurodéputés de la commission de l’Agriculture, sans grand succès. Les interrogations des parlementaires demeurent.

Après avoir présenté l’accord de libre-échange en commission du Commerce international du Parlement européen le 16 janvier, la Commission européenne a poursuivi son service après-vente le 30 janvier devant les eurodéputés de la commission de l’Agriculture (Comagri). Et comme il était attendu, les préoccupations exprimées ont été nombreuses et transpartisanes, en dépit de la présence des hyperactifs commissaires à l’Agriculture (Christophe Hansen) et au Commerce international (Maros Sefcovic). Ces derniers ont tenté de rassurer. « Je vous comprends », a d’ailleurs indiqué Maros Sefcovic dans son introduction, soulignant l’importance de travailler de concert avec la communauté agricole « pour que l’agriculture européenne reste une superpuissance exportatrice ». Et d’ajouter : « Nous avons écouté vos préoccupations » lorsqu’il a évoqué les contingents tarifaires « calibrés » pour les produits sensibles et les nouveaux éléments en matière de durabilité. De son côté, le commissaire Hansen a davantage évoqué les opportunités pour l’agriculture, à la fois pour le vin, les spiritueux, les fromages mais également pour les importations de soja et d’oléagineux. « Nous avons besoin d’une diversité de marchés pour être moins dépendant des autres », a-t-il justifié. Au-delà des bénéfices pour les filières, le Luxembourgeois a également évoqué la création de « 12 000 emplois dans l’agriculture mais aussi dans le traitement et le transport ».

Des interrogations

Les questions ont été nombreuses, notamment sur le fonds de compensation d’un milliard d’euros promis en dernier recours en cas de perturbation des marchés agricoles. Sans forcément obtenir de réponse ferme de la part des deux commissaires. « D’où vient l’argent ? », s’est interrogé l’Autrichien Thomas Waitz (Verts) qui estime que la mise en place d’une telle mesure est le symbole que la Commission européenne accepte l’impact négatif de l’accord sur l’agriculture. Même interrogations pour le Français Éric Sargiacomo (S & D). Pour le socialiste italien Dario Nardella, ces compensations ne sont pas suffisantes et les secteurs agricoles concernés par les perturbations auront besoin de mesures concrètes alors qu’Herbert Dorfmann souligne, en comparaison, la baisse des fonds pour la promotion des produits agricoles à l’étranger.

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Lire aussi : UE/Mercosur : les compensations en question

Autre inquiétude : la réciprocité des normes de production, notamment dans le domaine sanitaire et phytosanitaire, et les contrôles. Sur ce point, en plus d’affirmer que « les normes sanitaires de l’UE ne sont pas négociables », le commissaire Sefcovic a rappelé que « la plus grosse réforme de l’union douanière » est en cours de préparation. Celle-ci devrait permettre la création de nouvelles agences de douane et de nouveaux systèmes de contrôle très stricts des produits rentrant dans l’UE.