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UE/Mercosur : l’Allemagne doute de la ratification de l’accord

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En raison de la déforestation massive de la forêt amazonienne, la ministre allemande de l’Agriculture, Julia Klöckner, a montré le 1er septembre un fort scepticisme au sujet de l’accord commercial UE/Mercosur, lors de la réunion informelle des ministres européens qui s’est tenue à Coblence.

La ministre allemande de l’Agriculture, Julia Klöckner, a émis de sérieuses réserves, le 1er septembre à Coblence (ouest de l’Allemagne), en marge de la réunion informelle des ministres européens, quant à une possible ratification de l’accord commercial entre l’Union européenne et le bloc sud-américain du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay). « Je ne vois pas une ratification de l’accord Mercosur pour l’heure. J’ai des raisons très précises pour lesquelles je suis extrêmement sceptique », a insisté la ministre allemande, dont le pays occupe depuis juillet la présidence tournante de l’UE. Parlant même au nom de ses collègues, celle-ci a déclaré que « nous, les ministres de l’Agriculture (des 27) sommes très très sceptiques à ce sujet », en raison notamment de la déforestation massive qui ravage la forêt amazonienne au Brésil.

Des États membres s’opposent

Après que l’Allemagne et sa puissante industrie exportatrice ont été pendant longtemps le principal défenseur de cet accord en raison des nouveaux débouchés, la chancelière allemande Angela Merkel avait pour la première fois le 21 août émis de « sérieux doutes », pointant du doigt la « déforestation continue » et « les incendies », qui se sont multipliés ces dernières semaines en Amazonie. Aujourd’hui, les Parlements autrichien et néerlandais ont déjà rejeté l’accord sous sa forme, en raison du manque d’engagement du Brésil en faveur du climat. D’autres pays, comme la Belgique (en particulier la région francophone de Wallonie), la France, l’Irlande ou le Luxembourg ont montré de sérieuses réserves.

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L’UE et les quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) avaient annoncé la conclusion des négociations en juin 2019. Actuellement, le texte est toujours entre les mains de la Commission qui devrait pour l’automne finaliser son "nettoyage" juridique et procéder à sa traduction dans les vingt-trois langues officielles de l’UE. Une procédure, technique, qui a pris du retard et qui pourrait encore se faire attendre.

Le Copa-Cogeca toujours opposé à l’accord

Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) qui rejettent depuis le début l’accord UE-Mercosur, y restent opposées. Selon elles, « les agriculteurs européens ne brûlent pas leurs forêts, mais les gèrent de manière durable ». Et de préciser qu’« étant engagés dans la mise en œuvre de l’accord de Paris, l’agriculture et la foresterie de l’UE sont les seuls secteurs qui peuvent contribuer positivement à l’économie de l’UE à zéro carbone ». « En raison de l’importante différence entre les normes de production, les importations de produits agricoles du Mercosur établiront un "double standard" et une concurrence déloyale pour certains secteurs clés de la production européenne », estime-t-on au Copa-Cogeca.