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UE/Mercosur : les futurs commissaires jouent l’apaisement

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Sans surprise, la question de la conclusion de l’accord UE/Mercosur s’est invitée lors des auditions des futurs commissaires au Commerce et à l’Agriculture. Les deux candidats ont plaidé pour une approche équilibrée tout en tentant de rassurer sur la sensibilité agricole. Une position qui ne devrait pas satisfaire le secteur, toujours vent debout contre l’accord.

C’était inévitable tant le sujet attise les sensibilités et suscite la controverse : la question de l’avenir de l’accord entre l’UE et le Mercosur s’est invitée lors des auditions des commissaires désignés au Commerce international et à l’Agriculture, le 4 novembre. Premier de cordée, l’expérimenté Slovaque Maros Sefcovic (Commerce) a tenté de nager entre deux eaux face aux interrogations d’eurodéputés issus de tous bords politiques. S’il plaide pour sa finalisation prochaine, il a néanmoins promis que l’accord ne pourra être conclu que dans des termes acceptables pour tous. Et d’ajouter : « Je ne sacrifierai jamais l’agriculture ou les agriculteurs sur l’autel des accords commerciaux. » Pour rassurer les eurodéputés, il s’est engagé à revenir devant eux une fois l’accord conclu pour expliquer les résultats en détail avec des données chiffrées et des faits.

Connu pour ses positions favorables à l’accord, le Luxembourgeois Christophe Hansen a, lui aussi, été interrogé sur son positionnement. Il a tenté de présenter une approche et « montrer les deux faces d’une même pièce ». Il a mis dans la balance à la fois les avantages commerciaux pour certains produits, les indications géographiques notamment, mais aussi l’importance de la réciprocité pour contrer les menaces. Malgré tout, les deux candidats ne devraient qu’hériter de la situation laissée par leurs prédécesseurs et, ils le déclarent, ce sera aux eurodéputés, le moment venu, de se prononcer sur l’accord.

Oppositions agricoles

Une tentative d’apaisement qui ne devrait cependant pas satisfaire les représentants du monde agricole. Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), les jeunes agriculteurs de l’UE (CEJA), les syndicats de travailleurs (EFFAT) et les employeurs du secteur agricole européen (GEOPA) ont d’ores et déjà exprimé leur opposition dans un communiqué conjoint publié le 29 octobre. De son côté, la Coordination européenne Via Campesina appelle les agriculteurs à la mobilisation contre l’accord la semaine du 11 novembre, en amont de la réunion du G20 au Brésil, pour « protéger leurs moyens de subsistance et l’avenir de l’agriculture en Europe ».

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Copa-Cogeca
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Le think tank agricole européen Farm Europe, lui, estime, dans une analyse publiée le 5 novembre, que le volet agricole de l’accord est incompatible avec la cohérence politique de l’UE sur plusieurs sujets comme la déforestation, les pesticides ou l’utilisation des hormones. Pour Farm Europe, la conclusion est simple : « Les conditions ne sont pas réunies pour inclure l’agriculture dans cet accord. » Et Alessandra Kirsch, directrice générale du cercle de réflexion français Agriculture Stratégies, s’inquiète déjà, dans une publication du 5 novembre, de l’impact cumulé des accords de libre-échange sur les filières sensibles, dont l’accord UE/Mercosur jouera, à n’en pas douter, un rôle important.