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UE/Nouvelle-Zélande : l’agriculture comme monnaie d’échange, déplorent des eurodéputés

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Plusieurs eurodéputés réunis en commission Agriculture ont vivement dénoncé, le 25 octobre, l’accord de libre-échange UE/Nouvelle-Zélande (conclu le 30 juin), en raison de l’impact négatif qu’il aura sur certaines filières agricoles. Pour Mazaly Aguilar (Conservateurs, Espagne), « l’agriculture est encore considérée comme la variable d’ajustement pour favoriser l’industrie ». « C’est inacceptable d’offrir dans des secteurs sensibles de nouveaux contingents tarifaires pour la viande ovine et bovine » s’insurge-t-elle. L’UE autorisera notamment l’importation d’un contingent tarifaire de 10 000 t de viande bovine à 7,5 % introduit progressivement sur sept ans et offrira pour la viande ovine un contingent de 38 000 t équivalent-carcasse supplémentaires à taux zéro, qui s’ajoutera aux 114 184 t de contingent actuel.

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Même son de cloche pour son collègue espagnol Gabriel Mato (Démocrates-chrétiens) qui s’inquiète de voir encore « les agriculteurs payer la facture pour un tel accord ». Selon l’eurodéputé français Gilles Lebreton (Extrême droite), « cet accord instaure une concurrence déloyale par rapport aux éleveurs européens. En France, l’agneau est vendu 23 €/kg alors que l’agneau néo-zélandais est vendu seulement 10 €/kg. Que va-t-il rester de notre souveraineté alimentaire ? ». De son côté, l’écologiste allemand Martin Hausling s’interroge sur « la pertinence d’importer de la viande ovine et bovine d’aussi loin, près de 20 000 km séparent nos deux continents, quid de l’empreinte carbone ? ». Au regard de ces inquiétudes, la Commission européenne a expliqué que « les concessions offertes ne représentent qu’une faible proportion de la consommation au sein de l’UE ». Sur l’aspect environnemental, elle a assuré que « l’empreinte carbone sera faible étant donné que l’UE importera de la viande bovine de haute qualité nourrie à l’herbe ». Après la procédure de révision juridique et de traduction, la Commission européenne soumettra l’accord au Conseil et au Parlement européen. « Ce processus prend en général 18 à 24 mois avant une entrée en vigueur formelle », précise Bruxelles.