Abonné

UE/Nouvelle-Zélande : un accord de libre-échange imminent qui pose question

- - 3 min

Suite à l’intensification des négociations commerciales ces dernières semaines entre l’UE et la Nouvelle-Zélande, les deux parties devraient d’ici la fin du mois de juin ou début juillet, conclure un accord de libre-échange. Mais ce résultat n’est pas sans conséquences pour les filières agricoles, préviennent plusieurs parties prenantes. Farm Europe s’inquiète notamment du risque d’une ouverture totale du marché européen pour des produits sensibles comme le lait ou la viande.

Depuis quelques semaines, l’UE a décidé d’intensifier ses négociations commerciales avec la Nouvelle-Zélande en vue de conclure un accord de libre-échange (ALE). Dernier acte en date : la rencontre bilatérale le 13 juin entre le commissaire au Commerce, Valdis Dombrovskis et son homologue néo-zélandais lors de la douzième conférence ministérielle de l’OMC. La veille, le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski avait rencontré son homologue néo-zélandais. Autre signe que le dénouement est proche : la rencontre de haut niveau prévue d’ici la fin du mois de juin entre la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern.

Des doutes

Avant même sa concrétisation, plusieurs parties prenantes européennes s’inquiètent des retombées négatives d’un tel accord sur certaines filières agricoles. Alors que l’UE ne devrait pas ou très peu augmenter ses exportations (vu que les droits de douane néo-zélandais sont nuls ou très faibles), « la Nouvelle-Zélande pourrait être finalement la plus grande bénéficiaire de cet ALE étant donné que les droits de douane de l’UE sont actuellement beaucoup plus élevés », estime le think tank Farm Europe. Et d’ajouter que « le résultat inévitable serait une augmentation des exportations néo-zélandaises de produits laitiers, de viande, de vin, de fruits, etc. et aucun gain supplémentaire pour l’UE sur le marché néo-zélandais ». Farm Europe prévient que « cet ALE n’est donc pas équilibré en termes de gains et de pertes. Il s’écarte d’une approche pragmatique du commerce et s’en tient entièrement à une approche idéologique qui considère le libre-échange comme une bonne chose, quels que soient ses impacts réels ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

Offre révisée d’accès au marché

Interrogée par Agra Europe début juin, Kimberly Crewther, directrice de l’Association des entreprises laitières de Nouvelle-Zélande, estime au contraire que « le secteur laitier ne doit pas être un point sensible des négociations. La réalité est que l’UE est le plus grand exportateur de produits laitiers au monde et qu’elle dispose également d’un marché intérieur autosuffisant en matière de produits laitiers. Lorsque l’UE exporte environ 1 Mt de fromages et que des millions de tonnes de fromage sont expédiées au sein de l’UE, les revendications de sensibilité commerciale ne peuvent être considérées comme crédibles ». Selon elle, la Nouvelle-Zélande attendait donc « une offre révisée d’accès au marché pour les produits laitiers et la viande, avec une libéralisation tarifaire totale ».