Lors de leur premier débat sur l’accord de libre-échange UE/Nouvelle Zélande conclu le 30 juin, de nombreux eurodéputés de la commission du Commerce international ont salué l’ambition du chapitre Développement durable et sur les indications géographiques. En revanche, d’autres se sont inquiétés de l’impact négatif sur certaines filières agricoles (viandes ovine et bovine et produits laitiers). Même son de cloche chez 130 députés français qui demandent un débat et un vote au Parlement sur le texte.
Dithyrambique sur le contenu de l’accord commercial UE/Nouvelle Zélande, une grande majorité d’eurodéputés de la commission du Commerce international a estimé le 13 juillet, lors d’un premier échange de vues, qu’il s’agissait de « l’un des accords les plus modernes et ambitieux jamais atteints par l’UE ». Sur ce point, ils se sont félicité que pour la première fois un accord de nouvelle génération intègre dans le cadre du chapitre développement durable, la possibilité d’appliquer, en dernier recours, des sanctions en cas de violation par un partenaire de l’accord de Paris sur le climat et des principes et droits fondamentaux de l’Organisation internationale du travail (OIT).
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Sur le chapitre agricole, Paolo de Castro (S & D, Italie) a souligné que « les résultats étaient extraordinaires pour les indications géographiques » tout en assurant que « l’UE pourrait s’en inspirer pour les négociations commerciales en cours avec l’Australie ». Toutefois, quelques voix dissonantes s’élèvent pour dénoncer l’octroi de nouvelles concessions pour les produits laitiers et la viande qui viendront fragiliser les filières européennes. Pour l’eurodéputé français Arnaud Danjean (Démocrates-Chrétiens), « il s’agit d’un non-sens que d’importer sur le sol européen des produits qui entraîneront une importante distorsion de concurrence (coût de production plus bas par rapport à celui subit par les agriculteurs européens) ».
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Appel à un vote en France
En raison des inquiétudes soulevées par certains syndicats agricoles, la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, interrogée lors de la séance de questions au gouvernement du Sénat le 20 juillet, a affirmé que l’accord était « bon » et qu’il viserait « à protèger [les] filières agricoles sensibles et à soutenir les exploitations agricoles et agroalimentaires en protégeant plus de 200 indications géographiques comme le comté ou le jambon de Bayonne ». Face à de potentiels impacts négatifs, 130 députés des oppositions de droite et de gauche ont ainsi demandé dans une lettre adressée à la présidence de l’Assemblée nationale, datée du 18 juillet, un débat et un vote au Parlement sur cet accord. Dans le cadre d’une procédure accélérée, l’accord pour entrer en vigueur n'a pas besoin d'être soumis à l’approbation des parlements nationaux de chaque État membre.