Le libre-échange serait la meilleure option pour faire évoluer les relations entre l’UE et la Turquie, selon une étude présentée au Parlement européen. Cette solution, alternative à une adhésion de ce pays à l’Union, faciliterait en particulier le commerce agricole entre les deux parties.
La Turquie, dont la candidature à l’adhésion à l’UE date de 1987, est un dossier sensible et complexe pour les dirigeants européens. Après que David Cameron ait déclaré, le 22 mai, qu’il « faudrait des décennies » pour voir éventuellement Ankara adhérer à l’Union, la réponse du nouveau premier ministre turc, Binali Yildirim, n’a pas tardé : « L’UE doit mettre un terme à la confusion sur une adhésion à part entière de la Turquie ».
Réalisée par Sübidey Togan, du Centre pour l’économie internationale de l’université Bilkent d’Ankara, et Kamala Dawar, de l’Université du Sussex (Royaume-Uni), une étude présentée à la commission du commerce du Parlement européen tente de trouver une alternative : un accord de libre-échange complet du même type que ceux conclus ou négociés actuellement par l’UE (Canada, Corée du Sud, États-Unis) et appelé à succéder à l’Union douanière de 1995 qui ne concerne que les produits industriels.
Commerce agricole en hausse
La Turquie dépend plus de l’UE que cette dernière ne dépend d’elle dans le secteur agricole. En 2014, 43 % de ses exportations étaient destinées au marché européen et 36 % de ses importations provenaient de l’UE.
Le rapport montre qu’entre 1995 et 2014, les exportations turques de produits agricoles et industriels vers l’UE sont passées de 12,2 à 68 milliards $. Parallèlement, sur la même période, les importations turques en provenance de l’UE ont augmenté de 18 à 88 milliards $. Ouvrir davantage le marché permettrait d’accroître les échanges de part et d’autre.
Des droits à l’importation élevés
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Pour l’heure, l’étude cite un rapport de l’OMC qui juge les barrières tarifaires turques trop élevées. Elle rappelle que la Turquie est l’un des pays membres de l’OCDE où les droits à l’importation sont les plus élevés. Chiffres à l’appui, les auteurs notent ainsi que les tarifs sur les produits agricoles sont de 41 % en moyenne, contre 13,9 % du côté l’UE.
De plus, si la Turquie recourt à des subventions à l’exportation pour soutenir les exportations de 44 produits agricoles, cette pratique n’est pas du goût de l’UE, cette dernière ayant notamment porté plainte contre les subventions turques pour la farine.
Se conformer à terme aux normes européennes
Dans les secteurs non couverts par l’Union douanière entre l’UE et la Turquie, dont l’agriculture, Ankara applique à l’Union la clause de la nation la plus favorisée. Ses tarifs douaniers ont augmenté, notamment pour la viande et le sucre.
Le rapport affirme ainsi que le véritable défi pour la Turquie est de parvenir à la libre-circulation des produits agricoles avec l’UE. Il faudra, pour cela, que ce pays ajuste sa politique sur la Pac, notamment dans les domaines sanitaire et phytosanitaire.