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Biorésistance UFC-Que choisir s'inquiète de l'antibiorésistance dans la viande de volailles

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Après avoir analysé une centaine d'échantillons de poulets et de dindes vendus dans le commerce, l'association de consommateurs tire la sonnette d'alarme sur la présence de bactéries résistantes à un ou plusieurs antibiotiques dans la viande de volaille.

L'ASSOCIATION de consommateurs UFC-Que choisir a présenté, le 10 mars, les résultats, qu'elle juge inquiétants, d'une étude portant sur la présence de bactéries résistantes aux antibiotiques dans la viande fraîche de volailles vendue dans le commerce (grandes surfaces, marchés, boucheries). Elle révèle que sur les 100 échantillons analysés, 61% des viandes contaminées par des bactéries étaient porteuses de souches résistantes à une ou plusieurs familles d'antibiotiques, dont 23% à des antibiotiques critiques, qui présentent un intérêt majeur en médecine humaine, les céphalosporines de 3e et 4e générations et les fluoroquinolones.

Renforcer le plan Ecoantibio

L'association demande que le plan Ecoantibio 2012-2017 du ministère de l'Agriculture, qui prévoit une réduction de 25% en 5 ans de l'usage des antibiotiques en médecine vétérinaire, notamment des antibiotiques critiques, soit renforcé. Elle propose de mesurer les objectifs du plan « en termes d'exposition des bêtes et non de tonnage » et d'assortir cet objectif de « sanctions dissuasives ». L'association demande également à l'Europe de se positionner contre tout allègement des normes européennes en matière de sécurité sanitaire, dans le cadre des négociations sur l'accord de libre-échange entre les États-Unis et l'Union européenne.

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sans antibiotiques
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La Coordination rurale défend la volaille française

La Coordination rurale a vivement réagi le 11 mars à la publication de l'étude. Dans un communiqué, le syndicat estime que « la mise au grand du dossier antibiorésistance est une bonne chose », mais regrette que la provenance géographique des viandes analysées n'ait pas été précisée dans l'étude. Cette étude « sème le doute sur les pratiques des éleveurs français qui abuseraient des traitements antibiotiques sur leurs animaux, provoquant ainsi des antibiorésistance », gronde le syndicat qui crie à l'amalgame. « Pourquoi demander une réduction de 25% de l'utilisation des antibiotiques en France si tout ou partie de ces volailles n'y sont pas élevées. Il y a fort à parier que les poulets standards et premiers prix prélevés dans cette étude proviennent d'ailleurs ! ».