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UICN et ONG en ordre de marche contre les pesticides

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En clôture du congrès mondial de la biodiversité à Marseille, l’UICN a publié un manifeste invitant à « réduire les polluants agricoles », avec en ligne de mire pesticides et engrais. Un espoir appuyé au niveau français quelques jours plus tôt par l’association Pollinis, qui menace de lancer une procédure contre l’État français sur les processus d’homologation.

Dans le manifeste publié le 10 septembre en clôture du congrès de Marseille, les membres de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) invitent à « supprimer progressivement » les polluants issus de l’agriculture et de l’industrie au nom de la protection de la biodiversité. Les signataires défendent également la diversité des sols et l’agroécologie, espérant « réduire la déforestation, promouvoir une production alimentaire durable, et analyser et éliminer les impacts environnementaux négatifs du commerce international ».

Plusieurs motions adoptées tout au long du congrès concernent le secteur agricole. La résolution 040 encourage notamment les États à établir un cadre mondial « transformateur » pour la biodiversité à l’occasion de la prochaine Cop15. Celui-ci devra, selon l’UICN, encourager une transformation du secteur agricole et alimentaire « en appliquant des approches écosystémiques, en garantissant une réduction significative des pertes et déchets alimentaires, et en passant à des régimes alimentaires durables et sains ».

Invitant les membres de l’UICN à préserver les droits des communautés rurales autochtones, l’organisation mondiale recommande par ailleurs dans la résolution 044 d’étudier « les effets négatifs des subventions en direction de la pêche et de l’agriculture sur la sécurité alimentaire et la biodiversité, et les façons de les atténuer ».

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Vers une procédure légale en France

L’association Pollinis a anticipé les demandes de l’UICN de quelques jours en menaçant dès le 8 septembre de lancer une procédure à l’échelle française. « L’État français a failli à mettre en place un système d’homologation des pesticides réellement protecteur des pollinisateurs et de la faune en général », accuse Nicolas Laarman, délégué général de Pollinis dans un communiqué du 8 septembre.

Aux côtés de Notre affaire à tous (collectif de juristes), son association envisage donc de lancer une action en justice « sans précédent contre l’État français pour manquement à ses obligations de protection de la biodiversité ». Si le gouvernement ne montre pas de volonté de réviser le processus d’homologation des pesticides sous deux mois, les organisations procéderont « au dépôt du recours de plein contentieux devant le tribunal administratif de Paris ».

La directrice générale l’UIPP (fabricants de pesticides) Eugenia Pommaret rappelle de son côté, dans un communiqué que « l’urbanisation, l’artificialisation des sols, les éclairages nocturnes, la pollution atmosphérique » peuvent également avoir des effets la biodiversité.

« L’État français a failli à mettre en place un système d’homologation réellement protecteur »