, affirme l’ambassadeur américain auprès de l’OMC, Peter Allgeier. Les secteurs en question sont, selon lui, la viande bovine, le porc, la volaille, les produits transformés et les produits horticoles.
Le Congrès américain a, le 18 juin, passé outre un deuxième veto opposé le 18 juin par la Maison blanche à la loi d’orientation agricole votée par les deux chambres (290 milliards de dollars sur cinq ans), alors que celle-ci fait l’objet de nombreuses critiques dans les autres pays membres de l’OMC Voir n° 3158 du 16/06/08. Toutefois, a assuré Peter Allgeier, qui s’adressait le 13 juin au Club international américain de Genève, « si nous avons un compromis assez satisfaisant (dans le cycle de Doha), nous retournerons au Congrès et nous changerons le Farm Bill ». « Si nous pouvons conclure les négociations cette année, il sera très difficile pour le Congrès de tourner le dos à un accord qui aura été négocié avec 152 de nos meilleurs amis », a-t-il ajouté, rappelant que l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) et le précédent accord multilatéral du Gatt avaient tous deux été négociés par une administration républicaine et avalisés par un Congrès à majorité démocrate.
L’ambassadeur américain auprès de l’OMC a aussi remarqué que l’UE avait des subventions beaucoup plus élevées que les Etats-Unis. « C’est pourquoi nous souhaitons vraiment une baisse des subventions agricoles, à condition que chacun accepte une telle baisse et que ceux avec les plus fortes subventions réduisent le plus », a-t-il dit.
« La seule manière de faire changer les Américains », selon M. Lamy
« Ceux qui critiquent la politique agricole américaine, à juste titre à mon avis, s’ils sont logiques, s’ils ne veulent pas seulement critiquer mais changer cet état des choses, alors il faut un accord à l’OMC », estime également Pascal Lamy. Selon le directeur général de l’OMC, interrogé le 18 juin par la radio suisse romande, « les Américains viennent de se revoter des gros paquets de subventions agricoles, c’est la meilleure preuve s’il en était besoin que la seule manière de faire changer les Américains sur leur politique agricole et sur leurs subventions excessives c’est un accord à l’OMC ».
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Pour M. Lamy, les arguments qui permettront aux Américains d’abaisser leurs aides, « ce qui effectivement va leur poser des problèmes politiques », ce sont les nouvelles opportunités de marchés des autres secteurs, « l’accès à leurs produits industriels, l’accès à leurs services ».
« Réémergence du protectionnisme » aux Etats-Unis
L’UE a fait état de « signes inquiétants d’une réémergence du protectionnisme » aux Etats-Unis lors de la procédure biennale d’examen de la politique commerciale américaine à l’OMC Voir n° 3158 du 16/06/08. La Commission européenne a ainsi évoqué les exigences douanières croissantes de Washington, qui, au nom de la sécurité, tendent à freiner les importations, tel le passage obligatoire au scanner de la totalité des conteneurs de marchandises. Selon elle, ces dispositions constituent « une charge considérable » pour les exportateurs européens et soulèvent des doutes quant à leur conformité avec les règles de l’OMC.
La Commission regrette aussi que les Etats-Unis n’aient pas choisi la voie de la réforme dans leur dernière loi agricole, qui se traduit, insiste-t-elle, par une hausse des subventions faussant le commerce.