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Climat Un accord « a minima » à Cancun pour relancer les négociations

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Protocole de Kyoto en veille mais toujours vivant, confirmation de l’objectif de limitation du réchauffement climatique en dessous de 2°C, série de décisions techniques (REDD+, contre la déforestation, Fonds vert destiné à l’adaptation des pays en développement, mécanismes de transfert de technologies) : la Conférence des Nations Unies sur le climat est parvenue à un accord le 11 décembre à Cancun. Prochain rendez-vous en décembre 2011 à Durban (Afrique du Sud) pour transformer l’essai.

Un accord jugé par certains « a minima » a été signé à Cancun lors de la conférence sur le changement climatique le 11 décembre. Ce texte permet toutefois de relancer les négociations de l’ONU après le coup d’arrêt du sommet de Copenhague l’hiver dernier. C’était le but affiché de ce rendez-vous mexicain. Le texte de compromis présenté par le Mexique a reçu, en séance plénière, le soutien très appuyé de l’écrasante majorité des 194 pays de la convention de l’ONU sur le climat malgré la tentative de blocage d’un pays, la Bolivie. Il prévoit principalement (voir encadré) la création d’un « Fonds vert pour le climat » qui devrait être utilisé par les pays les plus pauvres pour faire face aux conséquences du réchauffement climatique. Déjà doté en principe de 100 milliards de dollars par an à l’horizon 2020, il pourrait faire l’objet d’un financement complémentaire par la Banque mondiale. De plus, l’accord prévoit qu’il faudra réduire les émissions au niveau nécessaire pour limiter le réchauffement à 2 °C et si possible à 1,5 °C. Un objectif perçu comme un progrès même si aucune mesure contraignante n’est envisagée pour l’atteindre.

Multilatéral
La commissaire européenne chargée du dossier, Connie Hegedaard, a confirmé que cette négociation représente « un pas important sur la voie d’un futur accord cadre légalement contraignant d’action de lutte contre le changement climatique au-delà de 2012 », date à laquelle prend fin le protocole de Kyoto (que n’ont pas ratifié les Etats-Unis et qui n’implique pas les pays émergents). Pour la ministre française de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, « l’accord obtenu comporte des avancées concrètes notamment en matière de lutte contre la déforestation (…) et surtout il sauve le système multilatéral de lutte contre le changement climatique de l’enlisement et de la faillite ». Ce dont Pierre Ducret, p.-d.g. de CDC Climat – filiale de la Caisse des dépôts et consignation – se félicite également : cet accord « va faire repartir les négociations tout en sauvant les acquis de Kyoto et de 20 ans de négociations ». Il estime lui aussi que le « grand succès de ces discussions est le retour du multilatéralisme » après les discussions de couloirs (notamment entre les Etats-Unis et la Chine) de Copenhague. « Les diplomates des pays émergents ont pris la main », salue-t-il.
Malgré l’appel lancé par le rapporteur des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, lors de l’ouverture du sommet pour un « plan Marshall de l’agriculture », le secteur agricole est resté une fois de plus en dehors des négociations. Ce sera peut-être le cas dans un an en Afrique du Sud, c’est en tout cas ce que demandent notamment certains pays et de nombreuses ONG.

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