La désignation des sites terrestres Natura 2000 est terminée. Commencent, maintenant, les étapes d’évaluation, d’animation, et de gestion des sites du programme européen de protection de la biodiversité. Le ministère de l’Ecologie et du Développement durable a lancé une série d’études sur l’impact économique pour les territoires choisis. Les premiers résultats montrent un bénéfice pour les résidents par rapport à l’argent investi par les pouvoirs publics.
Une première étude qui s’attache à appréhender les effets de Natura 2000 sur l’économie locale vient d’être rendue publique. Elle porte sur le marais de l’Erdre (situé en Loire-Atlantique). Deux autres sont en cours, dans la moyenne vallée de l’Oise (Aisne) et dans la vallée du Lison (Doubs). L’objectif de telles analyses est d’estimer le rapport entre le coût et les avantages engendrés par un site Natura 2000, en tenant compte du bénéfice social du programme. C’est-à-dire la notion de bien être dans la vie de tous les jours pour les habitants d’un site Natura 2000. Ces trois études devraient aussi permettre la mise au point d’outils d’évaluation (indices, variables…) afin de mesurer l’évolution du programme. « En France, nous sommes en retard par rapport aux pays anglo-saxons sur ce type d’études », a souligné Guillaume Sainteny, directeur des études économiques et de l’évaluation environnementale au ministère de l’Ecologie (D4E), commanditaire de l’enquête. Selon la Commission européenne, un rapport portant sur l’état de conservation des espèces, la perception par la population et la place de la biodiversité dans les politiques publiques doit être rendu tous les six ans (le premier en 2007 puis 2013…).
Le « prix » de la biodiversité
La principale question à laquelle tente de répondre l’étude est la suivante : « Si la biodiversité vient à être dégradée, de combien vais-je me voir affecté ? », en tant qu’exploitant agricole, pécheur, chasseur, randonneur, ou encore simple résident de la région. Les résultats permettent, grâce à un indicateur, d’attribuer le « prix » que chacun accorde à la biodiversité. En d’autres termes, il s’agit de mesurer ce que tire une population locale de la richesse de la biodiversité du point de vue de l’économie et de l’apport au bien-être social.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Une rationalisation des activités économiques
Dans le cas du marais de l’Erdre, il a été calculé que le bénéfice non-marchand serait compris entre 200 000 et 600 000 euros par an. Un chiffre qu’il faut comparer avec les six millions d’euros dépensés en six ans pour la mise en place de Natura 2000. Le tourisme a, lui, augmenté, de même que les activités de pêche et de chasse. L’agriculture sur le site est restée constante grâce à la création de cinq contrats d’agriculture durable. Enfin, l’exploitation de la tourbière, ressource naturelle locale, a été freinée. Selon Sarah Hernandez, chargée de la biodiversité à la D4E, « c’est plutôt une rationalisation : en diminuant l’exploitation de la tourbe, elle est devenue plus pérenne ». Une fois additionnées ces données, il en résulte une augmentation nette des bénéfices pour la population locale.
En attendant que les deux études en cours apportent de nouveaux éléments de réflexion, Sarah Hernandez a précisé qu’il faudrait mettre au point de nouveaux indicateurs pour affiner les futures enquêtes.