Un mois de janvier sans une goutte d’alcool, initiative née au Royaume-Uni, ne séduit pas vraiment les consommateurs français, qui ont même acheté plus de vodka qu’un an avant. Le vin sans alcool reste confidentiel, contrairement à la bière qui a fait une belle percée ces dernières années dans les grandes surfaces.
Le Dry January, un mois en principe sans alcool qui a déjà beaucoup fait couler d’encre, prendra-t-il en France ? La question reste entière au vu des statistiques compilées par Nielsen. Il semble en effet que les consommateurs n’aient pas vraiment changé leurs habitudes de consommation. Pire, « l’ensemble des ventes de boissons a même eu tendance à mieux se porter en ce début d’année que sur l’ensemble de l’année 2019 », selon le panéliste. Dans le détail, le marché des alcools a vu son chiffre d’affaires progresser de 1 % en janvier 2020, après un repli de 2 % en 2019, essentiellement grâce aux ventes de bières, à un repli moindre sur les vins et les champagnes. Et du côté des spiritueux, Nielsen relève que « les vodkas réalisent même un excellent mois de janvier, avec des volumes à +6 % contre +2 % en 2019 ».
Autant dire que le remplacement des boissons alcoolisées par leur équivalent sans alcool n’est pas encore entré dans les mœurs. Les ventes de vin sans alcool restent en effet confidentielles, quelle que soit la période considérée. Pour Nicolas Léger, manager analytique chez Nielsen, la raison est à chercher du côté de la relation particulière entre les consommateurs et le vin en France. « Pour beaucoup de Français, le vin garde une image traditionnelle et le sans alcool n’est pas une option envisageable. Aujourd’hui, le vin sans alcool reste marginal en grandes surfaces et les mentalités prendront sans doute du temps à changer. Néanmoins, le succès parallèle de start-up comme Le Petit Béret incitent à la réflexion sur ce segment de marché ». Un constat qui ne s’applique pas aux bières, où la percée du sans alcool s’accélère tout au long de l’année.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Si le mois zéro alcool ne s’est pas vraiment installé en janvier 2020, diminuer sa consommation reste néanmoins parmi les résolutions des consommateurs pour l’année. Au-delà du mois de janvier, où 3 % des Français ont déclaré qu’ils s’engageaient à ne pas consommer du tout de boissons alcoolisées, « 6 % d’entre eux déclarent vouloir consommer moins de boissons alcoolisées en 2020 ». Des résolutions qui se vérifient sur le terrain, la tendance étant plutôt globalement à la baisse du nombre d’acheteurs de boissons alcoolisées.