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Un financement pour la culture « régénératrice » de pomme de terre

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Le groupement Gappi (producteurs de pommes de terre pour l’industrie), McCain et le Crédit Agricole ont signé un accord de financement pour les agriculteurs dans l’agriculture de « régénération ».

Cette offre, présentée le 10 mai et lancée pour la saison 2022-2023, consiste en un prêt à hauteur d’au maximum 2 000 €/ha de pomme de terre pour des investissements nécessaires aux changements de pratiques culturales. Elle inclut un taux préférentiel (pris en charge par McCain), zéro frais de dossier, aucune garantie nécessaire. Les agriculteurs doivent pour cela souscrire à un « package transition » avec l’industriel, qui prévoit un engagement sur six ans dans l’agriculture « régénératrice », une prime de 5 €/t, un accompagnement technique et de la formation. Le Crédit Agricole (quatre caisses régionales : Nord de France, Brie Picardie, Nord Est, Champagne Bourgogne) vise une enveloppe de prêts de 40 M€. McCain inscrit cette offre dans l’objectif de mobiliser 100 % des producteurs dans l’agriculture de « régénération » d’ici à 2030.

Etendre la démarche à d’autres acteurs

« C’est un sacré challenge, souligne le président du Gappi Bertrand Achte : on ne remet pas en cause du jour au lendemain des pratiques culturales aussi facilement. » À son avis, les producteurs « mettront du temps à s’engager » dans l’agriculture « régénératrice ». Il s’agit d’une démarche à l’échelle de l’exploitation. D’où l’appel lancé par Bertrand Achte, qui souhaite voir d’autres acteurs s’engager. Les nouvelles pratiques culturales mises en œuvre s’inscrivent dans un processus d’amélioration continue. Ainsi, le non-labour n’est prévu en année 1 que sur une production, dans le contrat avec McCain. Le basculement de toute l’exploitation doit s’effectuer au bout des six ans. Une telle évolution peut nécessiter des investissements. L’accord conclu avec le Crédit Agricole permet de les financer. Cela concerne essentiellement du matériel, pour le travail du sol, la localisation de la fertilisation, la protection des plantes, l’irrigation, selon Bertrand Achte. Les OAD (outils d’aide à la décision) sont aussi visés. Au-delà d’un accompagnement financier, le producteur attend « des systèmes de garanties » comme les assurances, ajoute-t-il, car le changement de modèle peut « augmenter les facteurs de risque ».

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Reste à convaincre les quelque 800 producteurs travaillant avec McCain. L’industriel ne se fixe pas d’objectif chiffré pour l’année 1, affirme Leslie Camus, vice-présidente Agriculture Europe continentale. Et de rappeler les trois niveaux d’engagement prévus dans son « package transition ». La première année, le contrat d’agriculture de régénération prévoit d’atteindre le niveau « débutant », soit la CE2 (certification environnementale de niveau 2). Après trois ans, l’agriculteur doit arriver « intermédiaire », puis en partie « expert » au bout des six ans.

Un prêt jusqu’à 2 000 €/ha pour financer les investissements