Pour enrayer la baisse des surfaces en vergers de pêchers en Rhône Alpes et satisfaire la demande des professionnels des métiers de la bouche, l'industriel Boiron frères a développé un partenariat avec deux coopératives et des arboriculteurs. Objectif : replanter une variété de pèche blanche en voie de disparition.
Comment mettre un frein à la disparition des vergers de pêches blanches en région Rhône-Alpes et dans la vallée du Rhône, provoquée par le virus de la sharka et les difficultés économiques de la filière ? Quelle nouvelle stratégie mettre en œuvre depuis que la région Rhône-Alpes a perdu près de 35% de ses surfaces de pêchers en dix ans ? La solution ? Elle a été trouvée grâce à un partenariat très original entre un industriel transformateur, la société Boiron frères, leader en purées et coulis de fruits, deux coopératives de la vallée du Rhône, Rhoda-Coop (480 adhérents, 6 500 tonnes de pêches et nectarines) et Lorifuit (10 000 tonnes de fruits) et 5 producteurs de fruits en Drôme, Ardèche, Gard et Bouches du Rhône.
Stratégie de ce partenariat : replanter 4,56 ha soit plus de 500 arbres par hectare début 2015 pour obtenir une production de pêches blanches de la variété Bellerime, d'ici 3 ans, en 2018. : « Le constat était alarmant. Il était difficile de maintenir un verger de pêchers dans la vallée du Rhône pour notre société. Il n'y a plus de nouvelle plantation de vergers en pêches blanches en France et dans la vallée du Rhône depuis de nombreuses années ».
Bellerime en péril
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« La variété Bellerime allait disparaître des vergers alors qu'elle est très appréciée dans nos produits transformés par les professionnels des métiers de bouche, les traiteurs, les barmans qui l'utilisent pour des cocktails. Il fallait sécuriser nos approvisionnements et créer de nouveaux vergers dédiés à 100% pour l'industrie de transformation », explique Alain Boiron, p.-d.g. de la société Boiron frères, transformateur de fruits frais. Ce partenariat, a démarré en 2011, avec la station d'expérimentation fruits Rhône-Alpes, la Sefra, à Etoile. Celle-ci a testé les premières variétés de pêches aux profils organoleptiques recherchés. Le partenariat s'est ensuite élargi aux deux coopératives de fruits qui ont mis à disposition leurs vergers de pêches blanches pour identifier la bonne variété. « La Bellerime, variété choisie, a la particularité d'être moins sensible à la sharka que les variétés plantées dans les années 1990. Elle est résistante à la bactériose et possède un bon potentiel agronomique », ajoute Christine Sarzier, responsable achat à la société Boiron frères.
Relation contractuelle
L'accord entre les partenaires est plus qu'une simple contractualisation annuelle. Le contrat, signé entre les organisations de producteurs et l'industriel, mentionne le producteur. Pour Alain Genton, à la tête d'une exploitation de 90 ha dont 15 ha de pêchers, abricots et cerises, qui a planté 0,80 ha de pêchers en variété Bellerime (400 arbres) les intérêts de tel accord sont multiples : « La société Boiron Frères s'est engagée à financer les plants, les filets paragrêle et le système d'irrigation. Elle s'engage à prendre la totalité de la production. Elle offre une visibilité et une garantie en termes de prix, ce qui est rassurant pour le producteur. Ce prix comprend le coût d'entretien et l'amortissement. Il est réalisé à partir d'un coût de revient et de critères économiques réels. Il permet d'avoir une marge intéressante pour le producteur. Au final, je suis fier de planter cette variété de pèche blanche qui allait disparaître dans les 4 à 5 ans à venir du verger français. »