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Un logo « foie gras de France » pour reconquérir l’export et la restauration

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L'interprofession a dévoilé un nouveau logo collectif, dans un contexte de reconquête des marchés perdus à l'export après les crises d'influenza aviaire.

Le Cifog (interprofession des palmipèdes à foie gras) a dévoilé son logo collectif « Foie gras de France » lors d’une conférence de presse le 15 octobre à Paris. Il garantit au consommateur « une traçabilité de l’éclosion des œufs jusqu’à l’étiquette », résume Marie-Pierre Pé, directrice du Cifog (oies ou canards nés, élevés, engraissés, transformés, conditionnés et étiquetés en France). L’interprofession a opté pour son logo propre – et non pour une déclinaison des logos de l’Apaf (Association des produits agricoles de France) – afin de « capitaliser sur les trois produits spécifiques » et non sur l’espèce canard. Complémentaire des signes officiels de qualité, la démarche se décline aussi sur les magrets et confits. « Tous les principaux acteurs se sont engagés » à s’inscrire dans cette démarche volontaire, d’après Mme Pé.

Ce nouveau logo « va être nécessaire pour la reconquête à l’export », précise la directrice. « En 2015, avant l'influenza aviaire, notre balance commerciale avait connu un record à 57 M€. En 2018, le solde était positif de 20 M€ », indique Fabien Chevalier, président de la branche foie gras de la Fiac (industrie des aliments conservés). « Pendant les deux ans où on a été absents, les Hongrois et les Bulgares ont pris notre place sur nos marchés historiques », explique Michel Fruchet, président de l’interprofession. L’exemple du Japon est frappant : sur 1 000 t de foie gras importées chaque année dans l’archipel, la filière hexagonale couvre moins de 20 %, contre 65 % avant l’influenza aviaire.

Atteindre un solde commercial positif de 100 M€ dans les cinq ans

Dans le plan de filière, le Cifog s'est fixé un objectif ambitieux sur le volet export : atteindre un solde commercial positif de 100 M€ dans les cinq ans. « On peut y arriver en massifiant nos efforts sur des cibles géographiques bien déterminés », veut croire Fabien Chevalier. L'interprofession en a identifié trois : les États-Unis, la Chine et Taïwan.

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En France, les consommateurs plébiscitent toujours le foie gras. Sur les huit premiers mois de 2019, les achats de foie gras ont augmenté de 1,7 % en volume. Cette croissance atteint 6 % en valeur, signe d’une « envie de haut de gamme », d’après le Cifog. Le magret, poussé par une campagne de communication, connaît même un « boom des ventes » : +18 % en volume et +13 % en valeur (sur la même période). Mais rien n'est encore joué pour les fêtes de fin d'anné, qui concentre 80 % des ventes annuelles de foie gras. M. Chevalier ne cache pas son « inquiétude » sur l'impact de l'encadrement des promotions instauré par la loi Egalim. La filière, qui craint d'être pénalisée par le plafonnnement des promotions en volume (25 %), militait pour un « palier » à 45 % en 2019.

« Là où le bât blesse, c’est en restauration » (environ la moitié du marché français), déplore Michel Fruchet. « Le foie gras est certainement le produit qui a la part la plus importante vendue en restauration », estime-t-il. Un segment où les produits importés sont particulièrement présents. Le 15 octobre, l’interprofession a signé une charte avec huit associations de restaurateurs, qui appellent leurs 10 000 chefs adhérents à « indiquer de manière volontaire l’origine française des foies gras ».

« Les Hongrois et les Bulgares ont pris notre place sur nos marchés historiques »