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Céréales Un marché céréalier mondial 2011/2012 haussier selon FranceAgriMer

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Lors de la conférence de presse faisant suite à son conseil spécialisé des céréales, le 13 juillet, FranceAgriMer a fait le point sur les perspectives de marchés pour la campagne française 2011/2012. Les représentants de l’office se sont aussi étonnés des chiffres produits par l’USDA dans son rapport sur les disponibilités mondiales en céréales. Enfin, le retour de la mer Noire sur le marché va changer les équilibres à l’export pour la prochaine campagne. Une situation décryptée par les spécialistes de FranceAgriMer.

«Les prévisions de récoltes en blé s’établissent à 32Mt, mais il faut rester prudent car la récolte n’est pas terminée. De plus, des incertitudes subsistent quant aux qualités », a indiqué Christian Vannier, directeur de l’animation des filières chez FranceAgriMer. Selon lui, l’hypothèse de réaliser une bonne collecte 2011/2012 n’est pas exclue si les prix sont hauts. Cependant, « le manque de fourrage pourrait aussi inciter les éleveurs à faire de l’autoconsommation de céréales et à ne pas livrer aux organismes stockeurs », a déclaré Christian Vannier.

Une concurrence accrue de la mer Noire en 2011/2012

« Sur le bilan des exportations céréalières françaises 2011/2012, la concurrence de la mer Noire devrait donner la tendance », a expliqué Christian Vannier. « On s’attend à une régression des exports vers pays tiers, mais à une hausse vers le nord de l’Europe », a-t-il averti. Pour Xavier Rousselin, chef de l’unité grandes cultures chez FranceAgriMer, « en France, les niveaux d’exportations de blé seront relativement importants si la production atteint les 32Mt ». Mais il prévient qu’une partie de ces exports est déjà perdue en raison du contingent d’importations de céréales fourragères à droits nuls au sein de l’UE. « Dans les deux mois à venir, des importations de plus de 2Mt de céréales fourragères, essentiellement en provenance de la mer Noire, devraient entrer dans l’UE », a indiqué Xavier Rousselin. Selon lui, « le surplus exportable vers pays tiers devient plus important ». « En orges, les exportations seront faibles suite à une petite récolte française », a-t-il déclaré. De plus, l’Ukraine, qui est le 1er exportateur mondial d’orges, revient sur le marché avec des prix agressifs, a souligné Xavier Rousselin. Selon lui, du côté du blé dur, la production française est estimée à 2Mt, dont 1,3 à 1,4Mt pourraient être exportées. « Des chutes de productions aux Etats-Unis, dans le nord du Dakota notamment où seuls 50% des blés dur ont pu être semés, ont été relevées », a montré Xavier Rousselin. Au Canada, des excès d’eau ont aussi amoindri les estimations de productions de blés durs. « Les prix mondiaux du blé dur sont ainsi en forte hausse, mais les prix français sont inférieurs à ceux du Canada, donc les débouchés vers l’Algérie ou le Maroc sont ouverts pour les productions françaises », a souligné Xavier Rousselin. Il souligne d’ailleurs que la qualité française devrait être bonne et ne constituera pas un frein à l’accès aux marchés nord-africains.

Un rapport de l’USDA surprenant

« L’USDA continue à surprendre », a déclaré Xavier Rousselin qui fait état d’un rapport haussier, alors que le précédent avait fait plonger les marchés. En effet, le 12 juillet, l’USDA a baissé les stocks de blé et maintenu ceux du maïs sur de bas niveaux. Pour le blé, les raisons tiennent à une hausse des utilisations en alimentation animale à 6Mt cette année aux Etats-Unis, contre 4Mt en 2010, a rappelé Xavier Rousselin. Selon lui, des prix du blé inférieurs à ceux du maïs ont soutenu cette tendance, ainsi qu’une tendance à l’autoconsommation du blé par les éleveurs. Cependant, les échanges de blé dans le monde progressent et sont estimés à 131Mt par l’USDA, ce qui suit la tendance des cinq dernières années durant lesquelles 130Mt de blé ont été échangées chaque année. Concernant le maïs, l’USDA maintient les surfaces cultivées aux Etats-Unis, malgré les inondations, et les rendements à environ 10t/ha pour une production US qui devrait dépasser les 340Mt. De plus, malgré une hausse des utilisations du maïs aux Etats-Unis, de 1Mt en alimentation animale et de 2Mt en éthanol, le stock de report US est équivalent à celui de l’an dernier à 22Mt. « Ceci amène le ratio stock sur consommation à 5 ou 6%, ce qui reste serré », a souligné Xavier Rousselin. Enfin, selon lui, après un rapport USDA haussier en juillet, celui d’août, qui contiendra les estimations agronomiques des rendements aux Etats-Unis, sera très attendu. Mais « quels seront les effets de la vague de chaleur actuelle aux Etats-Unis ? », s’est enfin demandé Xavier Rousselin.

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