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Syndicalisme Un nouveau secrétariat national pour la Confédération paysanne

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Le 22 juin, le comité national de la Confédération paysanne a élu pour deux ans son nouveau secrétariat, organe exécutif collégial du syndicat. C’est cette équipe qui aura la lourde charge de porter le programme de la Confédération paysanne dans la course aux élections aux chambres d’agriculture de janvier 2013. « La Confédération paysanne n’a pas vocation à être un syndicat minoritaire », estime Gérard Durand, ancien porte-parole du syndicat, qui reprend du service au niveau national en tant que membre, nouvellement élu, du secrétariat.

«La Confédération paysanne n’a pas vocation à être un syndicat minoritaire, à condition d’être crédible pour défendre ce qui est vital pour les exploitants : prix, revenus, conditions de travail, projet alternatif au productivisme… Nous sommes attendus ! », prévient Gérard Durand, éleveur laitier (500 000 litres) à Montbert, en Loire-Atlantique, sur 92 ha, avec 3 associé(e)s en Gaec. Membre du comité national depuis 2004, porte-parole national entre avril 2004 et décembre 2006, Gérard Durand, revient au premier plan, élu le 22 juin au secrétariat national de la Confédération paysanne. Le secteur de l’élevage en plein marasme qui subit de plein fouet la volatilité des cours des matières premières sera sans doute l’une des clés de la bataille aux élections aux chambres d’agriculture de 2013. Deux autres de ses collègues élus au secrétariat national sont également producteurs de lait. Marie-Noëlle Orain, qui est en production laitière bio (350 000 l de quotas, 101 ha en fermage) depuis 12 ans, à Chateaubriant, en Loire-Atlantique devient secrétaire générale du syndicat. Vincent Pennober, qui est éleveur laitier à Riec-sur-Belon, dans le Finistère avec un quota de 450 000 litres, sur 100 ha, 4 associés en Gaec. Ce porte-parole départemental depuis 3 ans explique qu’il a « envie de s’investir pour apporter son expérience de militant d’un département productiviste où il n’est pas facile de faire partie d’un syndicat progressiste ».

S’adresser à tous les paysans

Véronique Léon élève avec son mari 50 chèvres avec transformation fromagère et vente locale. Elle cultive également 2 ha de châtaigniers, à Coux, en Ardèche. Membre du comité national depuis 2004, elle entre au secrétariat national. Christian Roqueirol, venu sur le plateau du Larzac dans les années 1970 pour soutenir les paysans, s’est installé en squattant une ferme achetée par l’armée. Il élève aujourd’hui 215 brebis viande en plein-air intégral, à Nant, dans l’Aveyron. Membre du comité national depuis deux ans, il estime que « la Confédération paysanne doit marcher sur deux jambes : l’analyse et l’action. Nous devons nous adresser à tous les paysans et rassembler sur notre projet d’agriculture paysanne ».
Enfin, deux membres de l’ancien secrétariat national entament un nouveau mandat de deux ans. Il s’agit de Philippe Collin, paysan à Blacy, au sud-est de l’Yonne, qui produit des céréales bio en Gaec avec un associé. Porte-parole de la Confédération paysanne depuis 2009 qui entame donc un second mandat. Pour lui, « il faut développer et valoriser des modes de production et de distribution en rupture avec les modes concentrés : c’est un moyen de résistance à la domination du monde de la finance sur les paysans. » Jean-François Bianco, paysan dans le Gard, élu au comité national en 2009, puis au secrétariat national en 2010, entame un nouveau mandat, cette fois au poste de trésorier. Il cultive sur 24 ha de la vigne (4 ha), des oliviers (4 ha) et des céréales, en bio depuis l’an dernier. « L’équilibre réflexions-revendications-actions de la Confédération paysanne doit la remettre en route vers le succès », espère-t-il. Rendez-vous en janvier 2013.

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