Distiller 4 millions d’hectolitres, consacrer 12 millions d’euros à l’exportation et 78 millions aux mesures d’urgence permettant aux producteurs de surmonter la crise du vin, le volet conjoncturel du plan annoncé par Dominique Bussereau pèse plus lourd que les réformes structurelles. Celles-ci visent à adapter l’offre aux attentes du marché et comprennent la réécriture – déjà engagée – des « décrets INA O», la suppression des VDQS, l’assouplissement des pratiques œnologiques et le lancement d’un «label France». Autant de points qui ne font pas l’unanimité, d’autant que certains partenaires clés de la filière n’ont même pas été associés à la réforme.
Le ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau, a présenté la feuille de route qu’il propose à la filière viticole pour tenter de sortir de la crise. Mais en réservant cette présentation aux seuls représentants des bassins viticoles, il a passablement exaspéré les représentants du négoce. Une curieuse conception de la filière semble avoir cours dans ce ministère, comme l’ont remarqué les trois organisations aval de la viticulture.
« La feuille de route proposée pour les prochains mois et les années à venir » aux professions viticoles repose sur trois axes : une offre mieux adaptée aux attentes du marché, une stratégie efficace pour l’exportation, la restructuration et la reconversion de la filière. Le tout étant conditionné par un assainissement du marché via une distillation exceptionnelle.
Pour adapter l’offre française de vin, le ministère juge nécessaire de simplifier et de rendre plus transparentes et plus efficaces les procédures d’agrément et de contrôle de l’INAO. Sans attendre la réécriture des décrets de l’INAO, il a été décidé de modifier, avant la campagne 2006-2007, les procédures d’agrément et d’encourager l’assouplissement des conditions à respecter par les AOC régionales. Les actuels VDQS devront d’ici un an s’orienter soit vers l’AOC, soit vers le vin de pays. L’autorisation de « repli » au négoce est supprimée. L’éventail des pratiques œnologiques va être élargi à l’utilisation de copeaux de bois ou à la généralisation des techniques de désalcoolisation.
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12 millions pour l’exportation, 78 M pour supporter la crise
12 millions d’euros seront destinés à financer le nouveau plan d’exportation du vin français : financement de panels et études de marché cibles, lancement d’une marque et d’un logo « France », cofinancements et prêts ou prises de participation à des opérations export.
Une enveloppe de 38 MEUR est mobilisée pour apporter des aides d’urgence aux viticulteurs ne pouvant plus affronter la crise. 40 MEUR de prêts de consolidation vont également être accordés. Les plans de restructuration et d’adaptation de chaque bassin pourront bénéficier de l’appui des dispositifs européens et nationaux d’arrachage et d’aide à la restructuration du vignoble et un fonds d’investissement dédié sera créé.
L’assainissement du marché passe par une distillation exceptionnelle que le ministre français a demandé à la Commission européenne pour 2 M d’hl d’AOC et 2 M hl de vins de table et de pays. Pour suivre la mise en place de cette stratégie, un Conseil national de la viticulture française va être créé afin de coordonner les propositions et les actions régionales. Il se réunira avant le 1er juillet pour proposer au ministre les conditions de réalisation de la campagne 2006-2007.