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Diversification Un programme franco-européen de promotion du lin fibre

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L’État français et l’UE financent un programme de promotion du lin fibre, intitulé « Be linen » (« Soyez lin »), a dévoilé la Confédération européenne du lin et du chanvre (CELC), lors de son congrès de Barcelone les 29 et 30 octobre. L’objectif est d’accroître de 25 % la production européenne, et principalement française, via une relance de la demande.

Le lin a obtenu un soutien du gouvernement et de l’Europe. Non seulement par la venue de Michele Ottati, chef de l’unité « promotion des produits agricoles de l’UE » de la Commission européenne au congrès de la CELC, mais aussi par l’assurance d’un financement de 3,3 millions d’euros. « Be linen », programme de promotion du lin fibre, dans les filières textiles et de l’ameublement, sera mené durant trois ans, de septembre 2010 à août 2013, a annoncé Frédéric Douchy, président de la CELC, au congrès de la filière du lin et du chanvre. Le financement européen provient du fonds de promotion, qui dépend du premier pilier de la Pac.

Un pari : relancer la production par la demande

Ce programme de 3,3 millions d’euros est financé à 20% par le ministère de l’Agriculture et FranceAgriMer (665 400 euros), à 30% par la filière européenne (CELC) et à 50% par l’UE. Son champ d’application est la France, principal pays producteur et transformateur, la Belgique qui est surtout transformateur, et l’Italie, qui est uniquement transformateur.
Les actions de promotion s’adresseront aux professionnels de la mode et de l’art de vivre (ameublement et décoration), au travers de la présence de la filière sur des salons professionnels du textile, d’actions de presse et de formations pédagogiques à destination des détaillants.
Effet espéré : que la demande ainsi dopée augmente de 25% au bout des trois ans, et que la production augmente d’autant, a commenté Olivier Louveau, chargé de mission au bureau des échanges et de la promotion au ministère de l’Agriculture. Cet objectif est « tout-à-fait raisonnable », a-t-il assuré. Son calcul est le suivant : le lin représente 0,4% des fibres naturelles destinées au textile au plan mondial (parmi le coton et la laine). Il suffirait d’une augmentation de part de marché du lin de 0,1%, pour arriver à 0,5% de part de marché, pour que la demande de lin soit dopée de 25%. Le lin textile étant essentiellement cultivé en Europe, c’est le lin européen qui bénéficierait de cette relance.

L’argument écologique et la Pac

La campagne de promotion met en avant les arguments écologiques. La culture du lin ne nécessite pas d’irrigation, contrairement au coton. Cette plante pousse dans les régions pluvieuses du Nord-Ouest européen, du sud de la Normandie aux Pays-Bas. En outre, « elle ne nécessite pas d’azote et constitue une bonne tête d’assolement et laisse une structure du sol souple », a précisé Hubert Brisset, producteur en Seine-Maritime et président du Cipalin, le comité interprofessionnel du lin.
Le lin bénéficie ainsi des faveurs de l’UE. Il est « l’image même de l’agriculture que nous voulons promouvoir : celle qui est typique du savoir-faire européen », a déclaré Michele Ottati.
Ce programme doit d’autant plus réussir que le lin devra affronter une période difficile en 2012 et 2013, car après la récolte 2011 l’aide couplée de 200 €/hectare sera intégrée au DPU. Cela signifie que l’aide actuelle ne sera plus incitative à la production du lin, mais sera globalisée dans le soutien aux producteurs de grandes cultures.
Pour la Pac d’après 2013, les producteurs misent sur des aides couplées assises sur le captage du CO2.

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