La fondation Farm a présenté un rapport dans le cadre du Salon de l’agriculture le 25 février montrant la capacité qu’aurait l’Afrique de l’Ouest (Afrique francophone, Ghana, Nigeria…) à assurer elle-même son alimentation.
Pour la 1 re fois, un rapport révèle que l’Afrique de l’Ouest (Afrique francophone, Ghana, Nigeria) est en mesure d’assurer son alimentation. C’est la fondation Farm qui est à l’origine de ce travail et qui l’a présenté au Salon de l’agriculture. Qu’est-ce qui explique cette conclusion optimiste ? Tout simplement parce que les progrès ont été considérables. Sur les 25 dernières années, la production alimentaire y a triplé et augmenté nettement plus que la population. Le problème, c’est que cela s’est fait aux deux tiers en augmentant les surfaces cultivées. Donc pour éviter que les Africains défrichent toutes leurs forêts, il faut deux conditions. La première, c’est qu’ils aient une certaine protection de leur marché, donc des droits de douane pour ne pas être victimes de la concurrence internationale ; la deuxième, c’est qu’ils intensifient leur production. Et il y a de la marge. En Afrique de l’Ouest les rendements sont d’environ 13 quintaux hectares alors que dans les pays développés ils sont en moyenne de 50 quintaux.
Apporter du savoir-faire
Le recours à l’aide international reste impératif. Il faut leur apporter du savoir-faire, de l’agronomie, des capitaux, des capacités à faire du stockage, construire des routes, à intensifier sans compromettre l’écologie. Mais, et la France est assez active sur ce plan, il faut leur apprendre à s’organiser, à créer des coopératives, des organisations professionnelles, des interprofessions, du crédit agricole et même de l’assurance. D’une manière générale, l’agriculture doit de nouveau concentrer une part importante de l’aide internationale. Dans le monde, rappelle Bernard Bachelier, directeur de Farm, 60 % de la population des pays les plus pauvres de la planète sont des gens qui vivent de l’agriculture ou en milieu rural. Or, il n’y a que 4 % de l’aide publique mondiale qui va à l’agriculture. En 1990 c’était encore 12 %.
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L’aide risque-t-elle de se perdre dans les méandres des administrations publiques et de la corruption ? Moins qu’auparavant. Ce qu’il y a de nouveau, c’est l’apparition d’un grand nombre d’organisations paysannes dans ces pays pauvres, depuis une dizaine d’années. Tous ceux qui sont allés sur place en témoignent. Ces groupements savent mieux que les gouvernements où se trouvent leurs priorités. Et souvent, pour des investissements moindres, ils arrivent à des résultats meilleurs. Ça, c’est encourageant.