«Alors que les sociétés agroalimentaires américaines tirent d’importants bénéfices en achetant les matières premières à bas prix, les agriculteurs à travers le monde, y compris les petits producteurs américains, sont conduits à la faillite», dénonce l’Institut for Agriculture and Trade Policy (IATP) de Minneapolis.
Dix ans après l’accord de l’OMC sur l’agriculture interdisant le recours au dumping, les États-Unis pratiquent toujours sur une grande échelle les ventes à bas prix en dessous des coûts de production, ce qui conduit à une surproduction entraînant une baisse des cours des matières premières, affirme l’IATP dans un rapport. Ces pratiques menacent des millions d’agriculteurs dans les pays en voie de développement et profitent seulement à un cercle restreint de sociétés multinationales agroalimentaires, situées principalement aux États-Unis et en Europe. Le rapport pointe notamment du doigt les sociétés Cargill, Bunge et Archer Daniel Midland, qui bénéficient d’une position dominante tant pour l’achat des produits que pour leur transport et leur transformation aux États-Unis.
Il est évident que l’accord de l’OMC sur l’agriculture n’a en rien permis de remédier à ces pratiques de dumping et à leurs graves conséquences pour les agriculteurs du monde entier. Ces prix de dumping causent des dégâts à tous les agriculteurs, y compris aux États-Unis. « Il est temps que ce problème soit mis au centre des négociations commerciales», souligne le président de l’IATP, Mark Ritchie.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Pour faire face à ce problème, l’IATP recommande que les pays importateurs, en particulier dans le tiers-monde, aient la possibilité d’imposer des droits anti-dumping de manière à réajuster les prix en fonction des coûts de production.
En se basant sur les données du département américain de l’agriculture (USDA), le rapport note qu’en 2003 les exportations américaines de blé ont été effectuées à 28% au-dessous des coûts de production. Le dumping est évalué à 10% pour le soja et le maïs, à 26% pour le riz et à 47% pour le coton. Selon ce rapport, qui souligne qu’un hectare sur trois est destiné à l’exportation, la valeur des exportations agricoles américaines équivaut à presque un quart des recettes des producteurs. Les États-Unis exportent 45% de leur production de blé, 34% de leur production de soja et 60% de leur production de tournesol, note IATP.