Françoise Férat, sénatrice de la Marne (UDF), a, comme beaucoup d’autres avant elle, fait l’éloge de l’enseignement agricole en présentant le 24 octobre un rapport sur le sujet rédigé à l’issue d’une série d’auditions. Ce rapport formule des propositions pour développer l’enseignement agricole et lui donner « un second souffle ».
Loin de réduire la voilure, l’enseignement agricole doit mettre en place de nouvelles formations pour s’adapter « aux nouveaux enjeux de l’agriculture », qu’il s’agisse de produire et transformer les biocarburants, de valoriser la biomasse et les agro-ressources, de renforcer la sécurité sanitaire et la protection de l’environnement ou de permettre une meilleure occupation du territoire en formant aux services en milieu rural, a expliqué la sénatrice. Les « mutations du monde agricole et rural imposent à l’appareil de formation de s’adapter». Pour bien passer cette « période charnière » et dépasser le « climat de malaise » qui s’installe dans l’enseignement agricole en raison d’une réduction des moyens notamment, Françoise Férat voudrait lui donner un « second souffle ».
Le rapport sénatorial préconise tout d’abord de mieux faire connaître l’enseignement agricole, en ne le tenant plus à l’écart des procédures d’orientation des élèves (les Centre d’information et d’orientation sont invités à informer sur les filières de cet enseignement) ; de développer des partenariats avec les écoles, collèges et lycées de l’Education nationale ; de promouvoir une image plus moderne et attractive des filières et des métiers (il est même question de revoir le nom donné à cet enseignement).
A reprendre dans le 4e schéma prévisionnel des formations
Cette évolution doit s’accompagner d’une « simplification » et d’une « fluidification » des parcours de formation en organisant certaines filières autour d’un tronc commun et en créant des passerelles avec d’autres formations. Sur ce point, il n’est pas tant question de moyens financiers nouveaux que de changements dans l’organisation, selon la sénatrice.
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Pour ce qui est de la faisabilité, Françoise Férat considère que le pilotage régional des budgets et des formations (mais pas des diplômes) par les DRAF, dont le rôle « d’autorité académique » reste à clarifier, « doit permettre d’optimiser l’évolution des structures et l’utilisation des moyens ». Il faut pour cela dépasser les logiques de concurrence entre public et privé, entre enseignement agricole et Education nationale et renforcer les « points de contact » entre l’enseignement technique, l’enseignement supérieur et la recherche, estime-t-elle sans donner de recettes pour y parvenir.
Evoquant les questions budgétaires liées à la mise en place de nouvelles formations et à une augmentation des effectifs d’élèves, Françoise Férat a expliqué qu’il ne lui semblait pas anormal qu’un transfert d’élèves de l’Education nationale vers l’enseignement agricole s’accompagne également d’un transfert budgétaire, comme cela a été décidé par le parlement l’an dernier (vote de 30,5 millions d’euros de rallonge budgétaire).
La sénatrice espère que les propositions du rapport seront reprises en tout ou partie dans le 4e schéma prévisionnel des formations dont la révision a été engagée au premier septembre et qui doit se concrétiser en 2007.