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Vin Un rapport pour connaître « le vin dans le monde en 2050 »

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Le vin dans le monde à l’horizon 2050 (1) est le titre d’un rapport rédigé par le Comité national des conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF) et remis au gouvernement fin octobre. Il tente d’anticiper les évolutions que connaîtra sur tous les plans ce secteur : hausse de la demande, nouveaux modes de consommation, développement de marques internationales.

L’exercice de prospective sur le secteur viticole issu du Comité national des conseillers du commerce extérieur de la France souhaite tracer les grandes tendances du secteur. La consommation mondiale devrait continuer à progresser d’ici 2050, estime le rapport. Le recul observé dans les vieux pays viticoles est plus que compensé par la hausse dans les nouveaux pays consommateurs, « sauf en cas de crise économique majeure » comme c’est le cas actuellement. L’avenir du vin français se jouera donc à l’international mais également sur le marché intérieur, en enrayant la baisse de la demande. L’augmentation du niveau de vie dans les pays émergents devrait entraîner une plus forte consommation de vin et déplacer le centre de la demande mondiale vers trois grandes zones : Chine-Inde-Asie du Sud-Est d’une part, Amérique du Nord et du Sud d’autre part et enfin Europe.
Des incertitudes pèsent cependant sur les politiques de santé. Elles devraient converger entre pays traditionnels et non traditionnels avec un peu de relâchement dans les premiers et plus de rigueur dans les seconds, selon le CCEF. « Par ailleurs, les préoccupations sanitaires et environnementales à l’échelon individuel s’imposeront comme une prérogative et une motivation majeure des consommateurs mondiaux », pronostique le comité. Il faudra apprendre à connaître le consommateur. « Essentiellement occasionnel et peu fidèle, il aura un profil différent selon ses origines géographiques et culturelles (…) et sera capable de passer d’un vin modeste à un vin plus prestigieux selon les circonstances. En 2050, la demande sera devenue mondiale mais n’en sera pas pour autant uniformisée. Elle sera peut-être même plus complexe et plus sophistiquée qu’aujourd’hui », prévient le CCEF.
Le paysage commercial devrait beaucoup évoluer, avec une forte concentration des entreprises et l’émergence de grandes marques internationales (comme dans le secteur de la bière), capables de produire « en marché » c’est-à-dire à proximité du consommateur final et à son goût, avec des matières premières venues d’ailleurs. La production devrait se répartir entre trois grandes zones : l’Europe, le Nouveau monde et ce que l’étude appelle le « nouveau nouveau monde » (Brésil, Chine et Inde d’une part, Afrique du Nord, Bulgarie, Hongrie, Géorgie, Ukraine d’autre part).
Le marketing européen basé sur le lien au terroir (AOP, IGP) inspirera probablement les nouveaux pays producteurs qui tenteront de conserver également leurs atouts commerciaux. Le lien au terroir pourrait servir la montée en gamme (vins fins et régionaux).
Un dernier aspect est abordé par le rapport : le réchauffement climatique. Il devrait conduire à un déplacement des zones de production, à une modification de l’encépagement et à un changement des méthodes de production.

(1) L’intégralité du rapport et des recommandations sont consultables sur http: //www.cnccef.org

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