Abonné

Un réveil massif de la forêt privée est attendu

- - 3 min

L’interprofession forêt - bois a lancé une campagne de sensibilisation, « Les nouveaux propriétaires forestiers », à destination des 3,5 millions de propriétaires forestiers privés qui détiennent 75 % de la forêt française, le 16 février. L’objectif est de davantage mobiliser une ressource « sous-exploitée ».

« Une grande partie des propriétaires forestiers sont inactifs car ils sont prêts à payer le prix de la tranquillité », explique Nicolas Jobin, animateur de la campagne « Nouveaux propriétaires forestiers » soutenue par l’interprofession France Bois Forêt. La filière forestière française s’adresse aux propriétaires forestiers privés pour augmenter la production de bois en France. Face à l’éparpillement des propriétaires sur le territoire, un des défis est de parvenir à mobiliser massivement. Ainsi, le site internet sur les « Nouveaux propriétaires forestiers » (1) qui vient d’ouvrir doit « encourager les propriétaires forestiers à gérer et exploiter leur forêt », selon un communiqué, le 16 février. Cette campagne leur propose de s’appuyer sur des professionnels. L’enjeu est de taille : 75 % de la forêt française sont détenus par des propriétaires privés. Le défi l’est aussi : sur les 3,5 millions de propriétaires forestiers privés, trois millions ont des parcelles de moins de quatre hectares. La majorité ne s’occupe de leur parcelle forestière – souvent familiale – qu'« au coup par coup », lorsqu’il faut abattre un arbre par exemple.

Un potentiel sous-exploité

Pourtant, le potentiel de cette multitude de parcelles est énorme. En face, « les industriels expriment de plus en plus de besoins », rappelle Nicolas Jobin. « Le processus de pousse des arbres est long. Il faut anticiper », développe-t-il. D’autant que 40 % de l’accroissement naturel de la forêt ne sont pas récoltés. « Le bois pourrit sur place », explique Nicolas Jobin. En outre, les replantations d’arbres en France ont chuté de 50 % en 25 ans. « En Pologne, ils plantent près d’un milliard d’arbres tous les ans. En France, ça se compte en millions… », regrette-t-il. Et de conclure : « Au niveau national, la forêt est sous-exploitée. » Les conséquences économiques sont sans appel : le déficit commercial du secteur forestier oscille entre cinq et six milliards d’euros chaque année.

Un réveil massif attendu

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

interprofession
Suivi
Suivre

L’impasse de la filière forestière est d’autant plus frustrante que même l’État a reconnu son potentiel en l’identifiant comme un des piliers de l’industrie française de demain. « Pour développer cette filière industrielle, il faut avant tout développer le potentiel de récolte de la matière première : le bois. Et ce potentiel se situe bien dans les forêts privées », résume Nicolas Jobin. Sauf cas exceptionnels, le propriétaire est toujours gagnant. Les travaux de récolte et/ou d’entretien ont un coût, mais cela génère aussi un produit lié à la vente de bois. Nicolas Jobin explique qu’il est trop tôt pour faire un bilan du fonctionnement de la campagne de sensibilisation. Mais il reste optimiste : « C’est la première fois que la filière s’adresse ainsi, groupée, aux propriétaires forestiers. »

(1) http://www.nouveauxproprietairesforestiers.com/

La forêt privée représente 75 % de la surface forestière en France métropolitaine.