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Un robot cuisinier pour faciliter le quotidien des restaurateurs

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Cook-e a été conçu pour trouver sa place dans de petits espaces. Crédits : © Cook-e

  Cook-e peut confectionner de très nombreux plats chauds ou froids. En partant des ingrédients crus, le robot cuit, mélange, assaisonne et nettoie lui-même ses récipients de cuisine après avoir servi. Une solution pour répondre à la pénurie de main d’œuvre dans la restauration, dont la commercialisation commence en 2023.

Comment répondre à la pénurie de main-d’œuvre dans la restauration, faciliter la confection des plats les plus chronophages et produire des quantités importantes en peu de temps ? Pour Raphaël Théron, la réponse est à chercher du côté des robots. Mais en l’absence d’offre sur le marché, l’entrepreneur s’est attaché à mettre au point un robot, avec ses deux associés.

« Nous avons mis au point le robot Cook-e avec l’idée de prendre en charge la confection de plats très chronophages comme les woks, qui demandent du temps de préparation pour les ingrédients mais aussi pour la cuisson », explique Raphaël Théron. Cet ancien de Polytechnique et de Télécom Paris, qui a créé la start-up Price Match avant de la revendre à Booking, cherchait aussi une solution qui prenne en charge un grand nombre d’étapes. « Le robot peut traiter 20 ingrédients disposés dans des réservoirs, qui sont ensuite versés dans des casseroles, et une fois la cuisson terminée, celles-ci basculent pour servir et sont ensuite nettoyées automatiquement », poursuit Raphaël Théron.

Deux brevets protègent le robot

Pour arriver à ce résultat, trois ans de R&D ont été nécessaires, avec de innovations brevetées à la clé. Un premier brevet a été obtenu en 2020 couvrant l’intégralité du système (y compris la possibilité stocker au froid les plats confectionnés pour être servis plus tard), et un deuxième est en attente d’approbation couvrant le système de godets permettant de remplir les casseroles.

Surtout, l’ensemble du robot est piloté par une application à partir de laquelle le cuisinier choisit les recettes et les quantités à confectionner. Selon les calculs de l’entrepreneur, et en fonction de l’utilisation qui en est faite, Cook-e peut remplacer « entre 1,5 et 2,5 emplois équivalent temps plein ». Jusqu’à 100 plats peuvent être réalisés par heure, et jusqu’à trois plats peuvent être cuisinés en même temps. Le robot de compose de deux éléments à associer (pour faciliter son installation) pour une emprise au sol de 2,7 m2.

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Un premier exemplaire de Cook-e est en place dans l’atelier de la société en région parisienne, et « les nombreux tests réalisés ont été très satisfaisants », explique Raphaël Théron, actuellement en discussion avec des restaurateurs, chaîne de restaurations collective, franchisés et dark kitchens. En février, une première dark kitchen devrait être équipée, lançant la commercialisation du robot. « Nous espérons vendre entre 5 et 10 robots Cook-e en 2023, que nous allons fabriquer dans notre atelier », poursuit-il. Mais plutôt que de lancer sa propre enseigne de restaurants, le robot sera vendu à l’unité à des restaurateurs, sous forme de leasing, pour un montant d’environ 1300 euros par mois (environ 100 plats par jour, durée de 7 ans), incluant la mise à disposition de la machine, sa maintenance et la solution logicielle.

Pour assurer ce développement commercial, Raphaël Théron va lancer les consultations à partir de la fin janvier en vue de lever entre 3 et 5 millions d’euros. La société a déjà lever 1,15 million d’euros en 2021 auprès du fonds Karot Capital et de business angels.