Du 22 au 26 octobre prochain, le parc des expositions de Paris-Nord réunira les professionnels de l’alimentation du monde entier, acheteurs de la grande distribution, décideurs de la restauration, grossistes, importateurs… en quête de produits innovants ou d’informations sur les nouvelles tendances de consommation. Gigantesque vitrine du secteur alimentaire mondial, le Sial propose des espaces dédiés, consacrés à la nutrition, aux innovations, ou au commerce équitable. Le salon semble suivre les nouvelles modes alimentaires, mais Cécile Bassot, commissaire général, préfère parler de tendances de fond.
Après le succès de l’édition chinoise en mai dernier cf Agra Alimentation n°1934 du 22 juin 2006, page Une, c’est Paris qui, comme tous les deux ans, accueillera en octobre prochain 99 pays, plus de 5000 exposants, et plus de 130 000 visiteurs professionnels autour des questions de l’alimentation avec des sujets aussi variés que la nutrition, les nouvelles tendances de consommation, les produits innovants, les plus grands succès commerciaux…
Vaste présence des pays émergents
Si certains invariants font la force de ce salon international de l’alimentation, le Sial, inventé à Paris dans les années 60, n’est pourtant pas ringard. Par ses participants tout d’abord (25 à 30% de nouveaux exposants), le salon suit les grands mouvements géopolitiques. Certes, à l’instar des éditions précédentes, Italie, Espagne et Belgique sont en tête des pays étrangers par leur nombre d’exposants, avec une progression légèrement plus rapide de l’Espagne sur l’Italie, le premier ayant entamé sa montée en puissance un peu plus tardivement. Mais les pays émergents affichent une présence de plus en plus large : cette année, la Chine sera le cinquième pays en ordre d’importance sur les 99 présents ; le Brésil et l’Argentine, dont le commerce avec l’Union européenne continue de prospérer, voient leur participation s’accroître fortement, de même que la Turquie et l’Inde. Malgré la situation délicate dans la région, les pays du Moyen-Orient seront là. Quant à l’Amérique du Nord, sa présence au salon (4% des exposants en 2004) est le reflet fidèle des flux d’échanges, qui concernent quelques produits essentiellement : oranges de Floride, chips, snacks et sauces.
Coup de projecteur sur certains secteurs
La répartition sectorielle n’est pas non plus constante. En 2006, le secteur qui connaît la plus forte progression est celui de la viande, surtout représenté par les pays d’Amérique du Sud qui boostent leurs exportations. Le secteur des boissons affiche également une forte croissance qu’il s’agisse des boissons alcoolisées ou sans alcool. Nouveauté de l’édition 2006, un nouvel espace sera particulièrement dédié à l’épicerie fine et aux produits rares, dont la logique de spécialisation de la grande distribution justifiait une place particulière. Le commerce équitable détient son propre pavillon, occasion de mettre en lumière les acteurs du développement durable et de soutenir les petits producteurs. Enfin, les fruits et légumes sont à l’honneur. Créativité et design seront les maîtres mots du secteur maraîcher. En effet, les étudiants de l’Atelier de Design Culinaire de l’ESAD de Reims élaboreront des concepts créatifs prospectifs autour de la thématique des fruits et légumes. Plus qu’à la mode, le Sial serait-il avant-gardiste ?
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L’alimentation : Tendances de fond ou effets de mode ?
Nouveau design, nouveaux produits, nouvelles tendances : l’innovation est au cœur du salon, mais son commissaire général, Cécile Bassot, se défend de parler d’effet de mode. « L’alimentation est un type de consommation plus impliquant que l’habillement. Il y a certes de nouvelles tendances mais elles ne sont nullement éphémères, contrairement à la mode, qui change tous les six mois. L’attrait pour la cuisine tex-mex ou pour les légumes anciens s’est accru rapidement, mais n’a pas disparu au bout de quelques mois. Ce sont en quelque sorte des couches qui se superposent. On enrichit notre consommation de nouveaux goûts, on diversifie toujours plus notre alimentation. Et il est intéressant de noter que ces tendances de fond commencent le plus souvent par la restauration avant d’atteindre la grande distribution. Les restaurants japonais se sont multipliés ces dernières années, les sushis commencent maintenant à se vendre dans les supermarchés parisiens et leur distribution s’étendra encore davantage », explique la commissaire.
Enjeux français contemporains
Ce mouvement d’ouverture serait le même dans la plupart des pays, qui s’intéressent de plus en plus à des produits étrangers et des goûts inhabituels. Si la France veut profiter de cette opportunité d’exportation, elle doit, selon Cécile Bassot, davantage innover et communiquer. « Les pays très bons en innovation sont le Japon, la Nouvelle-Zélande et l’Australie. La problématique de l’export français est de démystifier le cuisine française dans sa dimension élitiste, de faire comprendre tous les produits français », affirme-t-elle. Et pour aider les nombreuses PME (70% des exposants) qui cherchent à exporter, le SIAL a mis en place le French Export Corner, un « show room » pour découvrir les nouveautés et la diversité des produits français. « Le SIAL est un formidable outil à disposition des entreprises, mais dont les Français pourraient peut-être mieux se servir », commente enfin la commissaire général. Visiteurs, à vos paniers !