Ambiance mitigée, sur le Salon des vins de Loire qui s’est tenu les 2, 3 et 4 février à Angers pour sa 23e édition. Certains produits phares, comme les vins issus de raisins biologiques ou les fines bulles, ont tenu la vedette à l’abri de la crise.
Globalement, le Salon des vins de Loire, qui a reçu plus de 9000 visiteurs français et internationaux, venus rencontrer les 585 exposants de la région autour de 68 AOC, n’a pas été trop marqué par le contexte international difficile. Le nombre de visiteurs n’a pas baissé par rapport à 2008. Il semblerait, selon certains exposants, que le climat était favorable aux affaires même si on a remarqué l’absence d’acheteurs connus. Le millésime, marqué par une petite récolte, est apprécié pour sa qualité.
Pays le plus en retrait, le Royaume-Uni, un des meilleurs clients du vignoble. L’an dernier, les ventes des vins de Loire ont reculé de 18% en volume sur ce marché, selon les statistiques d’Interloire arrêtées à fin novembre 2008. Alors que sur l’ensemble des marchés extérieurs, les ventes ne reculaient que de 6% en volume et de 4% en valeur.
Mauvaise conjonction d’événements pour le Royaume-Uni
Cette année, la baisse de la livre, la hausse des taxes à l’importation outre-Manche conjuguée à une hausse des prix des vins de Loire en raison d’une petite récolte, rendent ces vins moins accessibles à une île touchée par la crise économique. Certains habitués ont préféré ne pas venir. Ce qui fait craindre que les concurrents profitent de la situation pour tenter de prendre des parts de marché.
Heureusement, les Belges, les Néerlandais et les Suisses étaient bien présents. En Belgique et aux Pays-Bas, les ventes sont restées stables en volume et valeur l’an dernier, selon Interloire. Alors qu’elles ont bondi en Allemagne (+18% en volume et valeur) grâce aux crémants de Loire surtout.
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Une convention d’affaires (la 2 e) a permis à une quarantaine d’acheteurs des Etats-Unis, de Russie, de Chine mais aussi de Suisse, d’Italie, de Norvège et du Canada, de rencontrer les exposants à travers plus de 400 rendez-vous. Ils ont semblé interessés par les produits dégustés, selon les exposants.
Parmi les produits remarqués, les fines bulles et les rosés pour lesquels l’engouement se confirme.
Dégustation en libre service de vins bio
Côté tendance, une forte attraction pour les vins issus de l’agriculture biologique. Les vignerons bio du Val de Loire (193 exploitations, 1333 ha en bio et 919 en conversion en 2007) avaient aménagé un stand en espace de dégustation permanente pour permettre aux acheteurs de juger par eux-mêmes. Le stand, situé à l’entrée du salon, a connu un grand succès. En échange d’une carte de visite, le visiteur recevait un verre. Ce qui a permis de constater que nombre de dégustateurs de vins bio étaient des cavistes, restaurateurs et importateurs. Une fiche technique sous chaque bouteille indiquait le terroir (type de sol), le cépage, la densité de plantation, l’apport de cuivre, le rendement et le mode de récolte (manuelle ou par machine). Elle précisait s’il y avait, au stade de la vinification, levurage, chaptalisation et filtration. Enfin, la couleur, le degré, la quantité de SO 2 total et le prix de la bouteille étaient encore mentionnés. Un effort de transparence très novateur et apparemment apprécié.