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Fruits Une année meilleure que les précédentes pour les pêches-nectarines

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L’année était annoncée à haut risque pour la trésorerie des exploitations de pêches-nectarines et des expéditeurs. Mais finalement, les prix se sont plutôt bien tenus dans un contexte d’offre limitée en début de saison.

Avec les premiers frissons d’automne viennent les temps des bilans. La filière pêche a déjà planché sur la question en septembre pour conclure que la saison n’avait pas été si mauvaise que cela, ou presque. Même si la production française relevée cette année est en recul très sensible, -6,2% avec 286 670 tonnes. C’est en Rhône-Alpes que le recul est le plus faible tandis que le Languedoc-Roussillon affiche un retrait de 19,8 % à 108 295 tonnes. La région Paca progresse pour sa part de 7,6 %. Envisagée à l’échelle européenne, la production est stable, plus 4 000 tonnes par rapport à l’année passée mais largement au-dessus de la moyenne 2006-2010, 2,988 millions de tonnes contre 2,802 millions. Si l’on regarde les prix, la saison s’est déroulée en trois temps, fait observer l’AOP Pêche Nectarine dans ses estimations. En déficit d’offre, il a manqué des fruits en provenance du sud de l’Espagne pour cause de gel. Les prix se sont bien tenus à plus de deux euros jusqu’à début juillet. Ils ont ensuite naturellement baissé à mesure que l’offre française augmentait pendant tout le mois de juillet. Pour se stabiliser à un peu plus de 1,5 euro (calibre A), sans décrocher pendant le mois d’août et jusqu’à début septembre.
 
Toujours difficile en Roussillon
Avec des apports français assez réguliers tout au long de l’été entre 7 000 et 9 000 tonnes par semaine, les cours se sont donc bien mieux maintenus que ces trois dernières années lors desquelles ils avaient terminé la saison aux alentours de 1,2 euro prix de départ station. Pour les producteurs, notamment dans le Gard, la Crau, voire en Rhône-Alpes, la saison aura donc permis de souffler et de réaliser globalement une bonne année. En Roussillon, qui pèse pour 65 % des apports en Languedoc-Roussillon, la situation est plus contrastée. Grêle de début d’été, sharka et arrêts de production (près de 200 hectares arrachés pour cette saison), les vergers ont encore souffert cette année. Et l’écart s’est encore creusé entre les exploitations, celles qui s’en sortaient ont en règle générale gagné de l’argent, celles qui étaient en difficulté ne verront pas le bout du tunnel cette année. Directeur d’Ille fruits, dans les Pyrénées-Orientales, François Bès regrettait à la fin de l’été que les distributeurs aient effectué une forte pression sur les prix alors que les volumes auraient pu permettre de meilleurs prix. « Nous nous sommes vus imposer des prix de promotions semblables à ceux de l’année dernière, expliquait-il, alors que le marché était en 2011 complètement encombré. Et cet été, c’était ça ou rien alors que rien ne justifiait de tels prix… » Enfin, du côté de la consommation, la bonne surprise est venue du mois d’août pendant lequel elle fut bien plus forte que ces dernières années en progressant en volume et en valeur. Le mois d’août est venu conforter juin et juillet pendant lesquels les volumes étaient en recul mais la valeur en progression.

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