Créée par Terre de Liens et l’Inrae, la base de données « Récolte » recense les différentes initiatives d’installations agricoles réalisées par des collectivités. L’outil doit faire l’objet d’un séminaire en janvier 2021.
Début octobre, l’association Terre de Liens et l’Inrae ont lancé une base de données intitulée « Récolte – Recueil d’initiatives foncières ». Cet outil s’adresse aux collectivités qui voudraient franchir le pas de l’installation d’agriculteurs sur le foncier de leur territoire. Sur « Récolte », elles pourront trouver le détail de la construction d’une cinquantaine de projets déjà réalisés. « Il y en a plusieurs dizaines d’autres dans les cartons qui seront ajoutés rapidement. Ce qui est important, c’est qu’ils portent tous la transition vers l’agroécologie », commente Damien Roumet, en charge des collectivités chez Terre de Liens.
Pour lui, cette plateforme se situe dans la continuité des missions de l’association. « La foncière et la fondation ont permis de montrer que l’engagement des citoyens avec les paysans rend les choses possibles. Mais les fermes ainsi acquises peuvent être considérées comme des laboratoires tout autant que des vitrines. Mais nous ne pouvons pas tout faire tout seuls ; et les collectivités se sont vite imposées comme un acteur majeur à mobiliser pour faire avancer notre projet, notamment via les documents d’urbanismes. »
Mettre les acteurs autour de la table
« Il y a un foisonnement de projets, mais ils sont souvent mal connus car ultra-locaux », étaye Coline Perrin, géographe en charge du projet à l’Inrae. C’est lors d’une rencontre avec une salariée de Terre de Liens que Coline Perrin réalise que les deux entités ont la même ambition de recenser ces différents projets en France. « L’intérêt de mutualiser, c’est d’enrichir le regard et d’apporter la rigueur scientifique », ajoute Damien Roumet.
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« Récolte » ne se cantonnera pas à une plateforme numérique. Un séminaire annuel devrait se tenir pour la première fois en janvier 2021. « C’est un outil qui doit permettre de mettre tout le monde autour de la table : collectivités, services de l’État, chercheurs, acteurs de l’environnement, citoyens mais aussi chambres d’agriculture et Safer », liste Coline Perrin.
En étant aussi inclusif, ce projet pourrait ainsi confronter l’association Terre de Liens à des acteurs n’ayant pas toujours la même vision de l’agriculture. « Concernant les projets recensés sur la plateforme, nous ne nous interdisons rien en termes de modalités d’installations et d’acquisition tant qu’il y a une démarche vers l’agroécologie, lance Damien Roumet, de la même manière, Terre de Liens est un outil parmi d’autres pour accompagner ces projets ».
« Les projets sont souvent mal connus car ultra-locaux »