Une centaine de scientifiques proposent la création « d’un groupe ayant le même statut international et les mêmes prérogatives que le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) », lit-on dans un texte qu’ils signent et publient sur les perturbateurs endocriniens (PE) dans Le Monde (1), le 29 novembre. Ce groupe serait chargé « d’évaluer les connaissances scientifiques destinées aux responsables politiques dans l’intérêt général et mettrait la science à l’abri de l’influence des intérêts privés », expliquent-ils.
Les scientifiques se disent « préoccupés » par les propositions de Bruxelles sur la réglementation des perturbateurs endocriniens : « Dans la pratique, il sera très difficile de reconnaître une substance dangereuse comme PE dans l’UE ». En outre, ils jugent que l’expertise scientifique de la Commission n’est pas objective : « Les marchands de doute sont à l’œuvre dans plusieurs domaines, comme les industries du tabac et de la pétrochimie ou le secteur agrochimique. »
En juin dernier, Vytenis Andriukaitis, commissaire européen pour la santé et la sécurité alimentaire, cité dans un communiqué, déclarait : « Les critères scientifiques que la Commission présente […] assurent le maintien du niveau élevé de protection de la santé humaine et de l’environnement exposés dans notre législation. » Concrètement, les scientifiques ne sont pas les seuls vent debout face à la proposition bruxelloise. La France, le Danemark, les Pays-Bas, la Suède et le Luxembourg avaient demandé une classification graduée des perturbateurs endocriniens (« avéré », « présumé », ou « suspecté »). Pour l’Anses, cette approche graduée doit permettre de « mieux prendre en compte les incertitudes ». La Commission considère cette nuance inutile car seule les molécules classées comme perturbateurs avérés seraient interdites (2).
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(1) Lire « Perturbateurs endocriniens : halte à la manipulation de la science » paru dans Le Monde le 29 novembre
(2) Lire « La définition des perturbateurs endocriniens toujours en débat » dans Agra Presse Hebdo du 14 novembre