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Une collecte mondiale prévue en hausse pour 2017

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La collecte mondiale de lait ne devrait pas diminuer en 2017. Dans un marché mondial clivé entre le beurre, bien valorisé, et la protéine en excès de stock, il n’est pas sûr que le producteur français y trouve son intérêt. L’Institut de l’élevage a mis en lumière ce contexte inédit, le 15 juin, lors de la conférence « Les marchés mondiaux du lait ».

Nouvelle-Zélande, États-Unis, Europe, pas une de ces régions du globe ne devrait voir sa collecte de lait baisser en 2017, à en croire les prévisions de l’Institut de l’élevage-Idele. Lors de la journée « Les marchés mondiaux du lait » du 15 juin, organisée par l’Idele, Sophie Hélaine, chef adjoint de l’unité Modélisation agricole et perspectives à la DG Agriculture et développement rural (Commission européenne) annonçait une hausse de la collecte européenne de près de 0,6 % en 2017. Pour la Nouvelle-Zélande, malgré les mauvaises conditions météorologiques du début d’année, Mélanie Richard, chef de projet conjoncture laitière à l’Idele, prévoit « une hausse de production au deuxième semestre 2017, sauf s’il se produit encore un accident climatique ». Le cheptel « s’est étoffé avec des vaches en bonne condition physique », observe-t-elle. De plus, Fonterra, l’unique coopérative du pays, a annoncé une hausse de 6 % du prix payé au producteur (340 €/tonnes hors dividende). Tous les indicateurs sont donc au vert pour augmenter la production. Du côté des États-Unis, Mélanie Richard observe un rythme de croissance de la collecte de 1,5 à 2 % par an. Les États-Unis sont « un pays très réactif », selon elle, d’autant plus que « la consommation nationale est dynamique ». Pas de baisse de la collecte à l’horizon. Ailleurs, les pays comme l’Inde restent peu exportateurs et produisent surtout pour leur marché intérieur.

Les prix aux producteurs suivront-ils la hausse de la collecte ?

Cette hausse de la collecte mondiale prévue pour 2017 ouvre la question d'une possible augmentation du prix payé au producteur, notamment en France. Laquelle est indispensable pour améliorer la trésorerie des exploitations. À cette hausse de la collecte s’ajoute en effet, une « évolution duale » des marchés de la poudre de lait et de la matière grasse, une première sur le marché mondial des produits laitiers. « D’un côté, la forte demande internationale en matière grasse laitière a rapidement résorbé les stocks (beurre et fromage) accumulés en 2014 et 2015, puis enflammé les cours sur un marché en quasi pénurie au premier semestre 2017. De l’autre, la demande toujours timide en protéines laitières a pesé sur les cours, d’autant qu’elle n’a pas permis de résorber le surstock de poudre maigre », explique l’Idele dans son dossier Économie de l’élevage de juin (1). Et en effet, « plus de la moitié des stocks mondiaux sont détenus par l’Union européenne », rappelle Sophie Hélaine. Elle se veut pourtant rassurante : « La politique de la Commission est de vendre tout en ne déstabilisant pas le marché ». Cette dualité des marchés risque bien « d’handicaper le redressement du prix du lait au producteur », estime l’Idele, et cela d’autant plus qu’en France, la paye de lait est indexée sur le taux de protéine et non de matière grasse. De son côté, Gérard You, chef du service conjoncture laitière à l’Idele, s’interroge sur une possible hausse des cours mondiaux qui provoquerait de nouveau une hausse de la collecte de certains pays en Europe, comme l’Irlande, avec à terme.. une chute des prix.

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(1) : « Marchés Mondiaux des produits laitiers - Le grand écart » ; Économie de l’élevage n° 480 ; juin 2017 ; Idele.

Des situations contrastées entre agriculteurs européens

« En Europe, les agriculteurs n’ont pas tous vécu la même chose » durant ces deux dernières années, soulignait Sophie Hélaine, chef adjoint de l’unité Modélisation agricole et perspectives à la DG Agriculture et développement rural (Commission européenne), le 15 juin. Ainsi, « la France est l’un des pays où le niveau de prix a le moins varié alors qu’il y a eu de très gros écarts en Irlande ou en Finlande », a-t-elle souligné, chiffres à l’appui. Elle a prévu une hausse de la collecte de 0,4 % en France pour 2017 et une baisse de 0,5 % en Allemagne. « En Irlande, tous les indicateurs sont au vert pour une reprise », selon elle. Elle attire l’attention sur l’Italie et l’Espagne qui ont augmenté encore leur production en 2016 de respectivement 2 % et 1 %.