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Une décision uniquement politique pour Michel Prugue

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«Pourquoi la Commission européenne a-t-elle choisi le 18 juillet pour annoncer la remise à zéro des restitutions à l’exportation de volaille ? », s’interroge Michel Prugue, président de la Confédération française de l’aviculture (CFA), interrogé par téléphone. Pour lui, cette date n’est pas innocente, car elle intervient alors que la plupart des services à Bruxelles vont se mettre en vacances et rien ne pourra avancer pendant cette période, mais surtout cette annonce survient alors que débutera à la rentrée le second round de négociations avec les États-Unis en vue d’un accord de libre échange. « Il s’agit de prouver en annulant les restitutions que l’Union européenne lave plus blanc que blanc » et ne subventionne plus aucune production. Pour lui, il n’y avait aucune obligation légale ni urgence à prendre cette décision. Le maintien de ces restitutions avait été acquis dans son principe jusqu’au 31 décembre 2014, « ce qui devait laisser du temps à la filière avicole pour se doter d’outils de remplacement à ces subventions ». Michel Prugue ne cache pas avoir le sentiment que « l’agriculture est toujours sacrifiée au détriment des services et de l’industrie et se demande si les plus hautes autorités de l’Etat ont réellement la volonté de défendre la volonté exportatrice de l’agriculture nationale ». Il ne défend pas les restitutions comme la voie pour l’avenir, mais souhaite qu’on laisse du temps à la filière pour se moderniser et se doter d’un fonds de promotion à l’exportation à laquelle pourrait participer l’ensemble des parties prenantes de la filière, y compris les céréaliers qui fournissent les industriels de l’alimentation animale ». Le président de la CFA juge également assez surprenant que cette décision sanctionne une aide qui ne porte que sur 60 millions d’euros, alors que dans le même temps le Brésil, sous diverses formes, subventionne à hauteur de 4,5 milliards de dollars ses filières viande, sans que cela ne heurte l’OMC. Michel Prugue redoute que cette situation ne provoque des troubles et manifestations, notamment en Bretagne, car cette décision va mettre en péril des emplois industriels mais également tous les éleveurs travaillant pour cette industrie.

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