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Viticulture Une étude incite à la prévention contre l’oïdium

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Avec le réchauffement climatique, l’oïdium de la vigne pourrait devenir, dans les années à venir, un parasite majeur. L’institut coopératif du vin et BASF mènent une étude sur les conséquences néfastes de ce champignon sur la qualité du vin pour sensibiliser les viticulteurs à traiter leurs parcelles préventivement. Une pratique qui permettrait de diminuer les doses de produits phytosanitaires appliquées.

Si le mildiou a été l’ennemi juré des viticulteurs ces dernières décennies, l’oïdium est peut-être le parasite de demain. Les premiers résultats d’une étude menée l’ICV (Institut coopératif du vin, basé à Montpellier) et la société BASF démontrent son impact négatif sur la qualité du vin. L’oïdium de la vigne est une maladie fongique qui nécessite pour se développer un climat sec et chaud. Avec le réchauffement climatique, ce champignon jusqu’à présent circonscrit aux régions viticoles méridionales (Provence, Languedoc, Corse...) touche de plus en plus de régions du Nord (Bourgogne, Champagne) et de l’Ouest (Bordelais) de la France. Il peut entraîner jusqu’à 50% de perte de la récolte.

Une altération prouvée du vin

Pour évaluer précisément les conséquences d’une attaque d’oïdium sur la qualité du vin, l’ICV et la société BASF ont lancé le programme de recherche « In vino qualitas ». Un panel d’experts a goûté des vins expérimentaux contenant 5, 8, 13, 17 et 30% de grappe touchées par l’oïdium. En conclusion : au délà de 8% les vins sont altérés (augmentation de l’astringence, de l’amertume, apparition d’odeur de moisi...) malgré la mise en œuvre de techniques de vinification haut de gamme, et à partir de 17% ils sont jugés défectueux et non conformes aux attentes du marché.

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Moins de traitements pour un meilleur résultat

L’objectif d’une telle étude est de sensibiliser les viticulteurs à cette infection souvent négligée. « Toutes les vignes sont touchées par l’oïdium (à plus ou moins grande échelle), et nous préconisons trois traitements chimiques préventifs », explique Bernard Molot, directeur régional de l’institut de la vigne et du vin à Nîmes. La maladie est généralement décelée deux à trois semaines après la contamination, « ce qui est déjà trop tard, précise Bernard Molot, car il faut alors traiter la vigne régulièrement jusqu’à la vendange, tandis qu’en formant les producteurs à reconnaître très tôt une attaque, une seule intervention peut suffire, ce qui est préférable pour l’environnement ». Jacques Rousseau, responsable du département vigne et vins de l’ICV, ajoute « qu’en traitant avant la formation des grappes, cela ne peut être que profitable à la qualité du raisin ». Une campagne d’information auprès des viticulteurs du Languedoc-Roussillon devrait débuter dans les semaines à venir. Mais pour Bernard Molot, la meilleure solution pour protéger les cultures serait encore de mettre au point une souche génétiquement modifiée. Ce qui, selon lui, serait très aisé maintenant que le génome de la vigne est entièrement séquencé.