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Porcs Une étude pour fluidifier la transmission des exploitations porcines

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La chambre régionale d’agriculture, l’Union des groupements de producteurs de viande et la FRSEA viennent de publier une étude sur la transmission d’entreprises porcines en Bretagne. Objectif : rendre l’accès à la production porcine plus accessible aux nouvelles générations.

L’étude a été conduite auprès de 90 éleveurs installés depuis moins de dix ans, de cédants et de représentants d’organismes partenaires du processus de la transmission (groupements de producteurs, fabricants d’aliment, banques, etc). Ses auteurs ont cherché à mesurer les principaux obstacles rencontrés par les éleveurs au moment de leur installation. Dans la première région de production en France (près de 7 000 élevages), le renouvellement des générations n’est pas aisé. L’an passé, seulement 35 des 512 installations aidées en Bretagne ont concerné la production porcine spécialisée (et 10 en élevage mixte avec un atelier porc). C’était à peine plus les années précédentes. Pour l’instant, le niveau de la production se maintient par la restructuration et le rachat d’exploitations par des éleveurs déjà en place, bien qu’il n’y ait, chaque année en Bretagne, qu’une installation (tous secteurs confondus) pour 2,8 départs en retraite. Sur les dix dernières années, les 90 éleveurs intérrogés se sont installés à 78 % en société où ils ont racheté les parts d’un associé aspirant à la retraite, et dans le cadre familial à 60 %.

Les hors cadres familiaux
Les hors cadres familiaux, eux, ont choisi majoritairement de reprendre des exploitations en individuel, souvent sur de petites structures. Le niveau d’investissement en production porcine a atteint, sur la période 2006-2010 en Bretagne, 518 000 € contre 253 000 € en production laitière (prix d’achat et investissements cumulés). Ce niveau d’investissement agit comme un repoussoir alors que pour renouveler les générations, le secteur a besoin d’être attractif, y compris pour des candidats non issus de l’agriculture. Aussi la filière porcine cherche-t-elle à améliorer le processus de transmission des entreprises porcines, en particularité les modalités du financement, principal frein à l’installation. Mis à part la DJA, la seule source externe de financement d’une exploitation porcine provient du groupement de producteurs, qui prête à taux préférentiel, en moyenne, 50 000 €. Pour tout le reste, le candidat à l’installation n’a que la banque en face de lui qui, avant de consentir l’ouverture de crédits, lui demande 10 à 20 % d’apport personnel. D’où l’idée d’étudier la mise en place de sources de financement extérieur et alternatif ou de fonds de garantie, comme il en existe dans d’autres secteurs d’activité. Les auteurs de l’étude plaident aussi pour que les candidats à la reprise demandent, en amont de la reprise, un audit de la ferme, indépendant des deux parties. Ils se sont aperçus, en effet, que les exploitations des 90 éleveurs interrogés n’ont fait l’objet que d’1,6 évaluation chacune. Ce qui est largement insuffisant.

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