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Crise alimentaire Une « excellente opportunité » pour le Brésil

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Le Brésil entend profiter de la hausse des prix et de la crise alimentaire pour augmenter sa production et ses exportations agricoles. Il cherche dans le même temps à devenir autosuffisant dans certains secteurs.

Le ministre brésilien de l’agriculture, Reinhold Stephanes, a qualifié récemment la crise alimentaire d’ « excellente opportunité » pour le Brésil. Il a déclaré que la solution à adopter face à la hausse des prix était l’augmentation de la production et des exportations agricoles, ce que le Brésil va tenter de mettre en œuvre rapidement. Le ministre estime en effet que les pays devront augmenter leur production d’aliments de 40 à 50 % d’ici à 2050 pour satisfaire la demande mondiale. Or, le Brésil dispose de tous les éléments nécessaires pour contribuer à cette hausse de la production alimentaire mondiale, a souligné le ministre. Outre une main-d’œuvre abondante, le pays compte plus de 100 millions d’hectares de terres cultivables non utilisées et peut également disposer des zones de pâturages dégradés. L’ensoleillement et l’approvisionnement en eau ne devraient pas non plus poser de problème à ce pays qui dispose de plus des technologies nécessaires. M. Stephanes admet cependant que des préoccupations liées aux coûts de production demeurent.

Toujours dans l’intention de faire face à la hausse des prix, le Brésil souhaite développer sa production de blé, de riz, de haricots et de maïs pour satisfaire sa demande interne et assurer son autosuffisance. Il poursuit le même but en ce qui concerne les engrais à base de phosphates et de nitrates, dont le prix a été multiplié par trois en quelques années.

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Via Campesina : priorité à une production alimentaire domestique

A contrario, l’organisation internationale de mouvements paysans Via Campesina a recommandé récemment le retour « à une production agricole locale. » Selon elle, la mondialisation du marché des denrées alimentaires a conduit de nombreux pays à abandonner des productions locales. Elle a estimé, par la voix d’un de ses représentants européens, Paul Nicholson, que la crise alimentaire mondiale résulte de « l’agriculture extensive, des chaînes alimentaires contrôlées par des sociétés transnationales et de la libéralisation du marché alimentaire. » L’organisation altermondialiste considère donc qu’il est nécessaire de « donner la priorité à la production alimentaire domestique », c’est à dire que les pays produisent de la nourriture répondant à leurs propres besoins.