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Dérèglement climatique Une flotte de drones mobilisée contre la déforestation

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Courant avril, Lauren Fletcher, ancien ingénieur de la Nasa, lancera une flotte de drones-planteur d'arbres en Afrique du Sud. L'objectif est de contrer la déforestation industrielle en replantant un milliard d'arbres chaque année.

« Nous allons tester notre technologie le mois prochain en Afrique du Sud », raconte Martin Tengler, responsable politique de la société Biocarbon Engineering. Lauren Fletcher, ancien ingénieur de la Nasa (National Aeronautics and Space Administration), a créé la société Biocarbon Engineering pour une raison : contrer la déforestation industrielle en « reforestant » à l'échelle industrielle. Le défi est de taille : l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation estime que 300 millions de personnes vivent dans ou aux alentours des forêts. Ce sont autant de victimes potentielles de la déforestation. La forêt, principal puit à carbone de la Terre, est aussi la préoccupation récurrente des négociations climatiques qui ne manqueront pas de faire parler d'elles en décembre prochain à Paris.

Remise en question de la force humaine

Les programmes onusiens ou étatiques de reforestation pullulent et préconisent des projets de petite échelle et adaptés à la diversité des territoires. Martin Tengler, lui, imagine les choses en grand : « Notre objectif est de planter au moins un milliard d'arbres par an ». La société qui emploie six cadres ingénieurs et chercheurs, veut s'affranchir de la force humaine, en mobilisant une flotte de drones-planteurs d'arbres. « Nous allons avoir besoin de cinquante équipes. Chacune d'elles plantera 72 000 arbres par jour », précise Martin Tengler. Il décrit le travail en trois étapes. La première est de récolter des informations sur les terrains (végétation, biodiversité, topographie, etc.) grâce aux technologies satellitaires. La deuxième étape utilisera les drones. L'idée est de produire des cartes 3D de très haute qualité des surfaces à planter. « On utilisera ces données pour replanter des essences d'arbres adaptées, au bon endroit… », commente-t-il. La dernière étape, c'est la plantation des graines. « Cette étape mobilise des drones de plantation automatisés », poursuit-il. Ces appareils volant entre un et deux mètres d'altitude sèmeront les graines et les éléments nutritifs. « Les drones suivront un parcours programmé à partir des données cartographiques et GPS établis dans les étapes précédentes », termine Martin Tengler.

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Optimisme à toute épreuve

Le défi technologique semble à la portée de Martin Tengler et ses équipes. Quant à l'acceptabilité politique et sociale d'un tel projet, l'argumentaire de ces expérimentateurs tourne autour de la lutte contre le dérèglement climatique : si la déforestation ne ralentit pas, alors « il faut replanter ce que l'on coupe ». Par ailleurs, la société précise que les surfaces replantées ne seront pas utilisées pour l'agriculture. Sur le plan réglementaire, Martin Tengler est optimiste : « L'Administration fédérale de l'aviation (des Etats-Unis, ndlr) vient d'autoriser les livraisons par drone de colis Amazon. La tendance est de notre côté ».