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Œufs Une hausse des prix « sévèrement » menacée

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Les centres de conditionnement peinent à répercuter la hausse du cours de l'œuf sur les prix des œufs-coquilles vendus aux grandes surfaces. Les éleveurs craignent qu'ils ne puissent pas tenir leurs engagements envers eux.

Alors que dans la filière porcine, la grande distribution joue le beau rôle, depuis le mois de juin, en défendant le prix payé au producteur, elle continue à verser dans un registre plus traditionnel dans d'autres secteurs, comme l'œuf. Dans un communiqué du 7 septembre, les groupements de producteurs d'œufs de l'UGPVB (Grand Ouest) constatent que l'augmentation des prix de reprise aux éleveurs est « sévèrement menacée ». En cause, « le pouvoir hégémonique des GMS » et la « faible performance » des centres de conditionnement qui n'arrivent pas à répercuter la hausse des cours, estiment-ils. La hausse en question a débuté au mois de mai, quelques mois après le déclenchement d'une grave crise de grippe aviaire aux Etats-Unis, qui affole depuis les marchés mondiaux. Et c'est sur l'œuf coquille, en France – et non l'œuf industrie destiné à l'agroalimentaire ou la restauration collective – que les hausses peinent à être répercutées. « Les centres de conditionnement lâchent prise face à la grande distribution et se retournent vers les organisations de producteurs pour avoir des baisses de prix », analyse Yves-Marie Beaudet, président de la section oeuf de l'UGPVB. C'est le cas, par exemple, pour l'un des principaux centres de conditionnement français, Ovalis qui, ayant reçu en juin des demandes de baisse de la part de deux distributeurs, a refusé les demandes de hausse des producteurs en juillet. « Soit vous vous alignez sur les prix que vous demandent vos acheteurs, soit vous vous faites déréférencer », témoigne son directeur Philippe Bardoz.

Guerre des prix

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La pression de la GMS pose un problème particulier dans la filière œuf : les « prix de reprise », ou prix d'achats des centres de conditionnement aux producteurs sont généralement indexés sur le cours de l'œuf – environ 7 centimes l'œuf actuellement – et de l'aliment, si bien que les producteurs sont généralement protégés des effets ciseaux du marché. Mais ce système confortable pour les producteurs menace les centres de conditionnement lorsqu'ils n'arrivent pas à répercuter les hausses consenties aux éleveurs. « La TNO (tendance nationale officieuse) est élevée, mais la grande distribution ne veut pas en entendre parler », constate le président de l'interprofession (CNPO) Philippe Juven. Certains acteurs de la filière n'accusent pas directement la grande distribution, mais certains centres de conditionnement qui joueraient eux-mêmes la guerre des prix, pour conquérir des parts de marché sur leurs concurrents. « Les magasins n'ont même pas besoin de demander des baisses », estime un acteur du marché. « Pour prendre des parts de marchés à la GMS, il n'y a qu'un moyen, c'est le prix », étaye Philippe Bardoz. Quel qu'en soit le responsable, les éleveurs de l'UGPVB ne comptent pas subir de baisse, alors que les cours mondiaux sont au beau fixe, et menacent les centres de conditionnement et la grande distribution d'actions syndicales.