Abonné

Climat Une hausse des températures de 3°C, voire plus, d’ici 2100

- - 3 min

Les 500 délégués du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), réunis à huis clos à Paris fin janvier, devaient rendre vendredi 2 février leur 4e rapport scientifique. Selon les éléments obtenus à l’heure où Agra mettait sous presse, les scientifiques tableraient sur une hausse « comprise entre 2 et 4,5°C par rapport à la période pré-industrielle, avec une meilleure estimation d’environ 3 degrés » d’ici à 2100.

Dans leur projet de synthèse, les experts mondiaux du climat affirment que le réchauffement moyen de la planète serait « probablement compris dans une fourchette de 2 à 4,5 degrés par rapport à la période pré-industrielle, avec une meilleure estimation à environ 3 degrés ». Ceci, à une condition : que les concentrations de CO2 dans l’atmosphère se stabilisent à 550 parties par million (ppm). La concentration de CO2 atteint déjà aujourd’hui 380 ppm – niveau inégalé en 650 000 ans – contre 270 ppm avant 1750, et elle continue d’augmenter chaque année de 2 ppm.

Les climatologues attribuent dans leur travaux un degré de confiance à chacune de leurs prévisions.

Le réchauffement, expliquent les scientifiques, a « très peu de chances (moins de 10%) d’être inférieur à 1,5 degré ». En revanche, « des valeurs substantiellement supérieures à 4,5 degrés ne peuvent être exclues ». La fourchette 2 à 4,5 degrés a « au moins 66% de chances » d’être atteinte d’ici à 2100.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Responsabilité humaine

Pour six scénarios socio-économiques étudiés, plus ou moins énergivores, donc émetteurs de CO2, les auteurs envisagent une hausse moyenne des températures mondiales de +1° à +6,3° à l’horizon 2090-2099 par rapport à 1980-1999. Le terme supérieur de la fourchette est donc relevé par rapport à leur précédent rapport, en 2001, qui tablait sur une hausse de +1,4 à +5,8°C en 2100 par rapport à 1990.

Pour le Giec, le « réchauffement est explicite et désormais manifeste dans l’augmentation des températures de l’air et des océans, la fonte de la neige et l’augmentation du niveau des océans ». Surtout, les experts ne doutent plus de l’impact de l’homme sur le climat : « La compréhension du réchauffement causé par l’homme et des influences qui refroidissent le climat s’est améliorée depuis le troisième rapport, conduisant à dire avec une très haute confiance (plus de 95%) que l’impact net moyen des activités humaines depuis 1750 a été un réchauffement ». La hausse des températures due aux gaz émis par les activités humaines est « probablement au moins 5 fois plus importante que l’impact de l’activité solaire », facteur de variabilité naturelle du climat.