C’est un véritable appel à l’aide qui s’est exprimé le 25 juin à Montpellier à l’occasion de la troisième grande manifestation viticole de la saison. Après Nîmes et Carcassone Montpellier a été au centre de la viticulture languedocienne où entre 5 000 personnes (selon la préfecture) et 12 000 personnes (selon les organisateurs) ont défilé dans la rue. Le lendemain, une centaine de viticulteurs manifestaient à Paris devant le ministère de l’agriculture. Une délégation était reçue par le ministre de l’Agriculture Michel Barnier qui prenait des engagements appréciés des viticulteurs.
Douze mille personnes, selon les organisateurs, cinq mille selon la police : pour la troisième grande manifestation de la saison, le rassemblement de Montpellier, le 23 juin, a été imposant. S’ils ont voulu « exprimer leur colère », les manifestants lançaient tout autant un « appel au secours ». Les échauffourées n’ont, c’est de tradition, pas manqué en fin de manifestation. Mais c’est l’inquiétude qui apparaissait surtout. Tous les syndicats étaient représentés : JA, FNSEA, Modef, Confédération paysanne, Coordination rurale. « Nous aurions aimé nous passer d’un nouveau rassemblement mais nous n’avons eu aucune réponse à l’appel du4 juin », expliquait Philippe Vergnes, président du Syndicat des vignerons de l’Aude et porte-parole de la filière, « Le ministre avait dit nous avoir entendus mais nous n’avons rien vu venir.»
Charges d’exploitation
Des viticulteurs de quatre départements de la région – Aude, Pyrénées-Orientales, Gard et Hérault – étaient présents, accompagnés de leurs familles ou de leurs élus, à l’instar du président DVG de la Région Georges Frêche ou de l’ancien candidat à l’élection présidentielle, Gérard Schivardi, maire de Mailhac, près de Narbonne (Aude).
Les manifestants ont ponctué leur marche d’explosions de pétards ou de longues cannes à feu remplies de soufre.
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La colère des viticulteurs est dirigée contre les charges d’exploitation, avait auparavant déclaré Xavier Fabre, en citant le gazole et les produits phytosanitaires. Quant à la retraite, « pourquoi cotiser si demain nous ne sommes plus là ? Pas de revenus, pas de cotisations ! », avait-il lancé, sous un tonnerre d’applaudissements. Selon Philippe Vergnes, 98 % des quelque 15 000 exploitations de la région sont « plombées financièrement ».
Un fioul à 40 centimes d’euros
Les viticulteurs réclament un fioul à 40 centimes d’euros, un acompte versé par les négociants à la signature du contrat de vente, un moratoire sur les dettes vis-à-vis des banques et de la Mutuelle sociale agricole ainsi qu’une exonération, pour 2007 et même 2008, de la taxe foncière sur le non-bâti.
Ils dénoncent aussi les grands distributeurs, qui « prennent 60 % de marge », à leur détriment. « Nous réclamons une meilleure répartition de la marge », a tempêté Philippe Vergnes. Il a demandé tout particulièrement au président Sarkozy « un signe fort pour redonner espoir aux vignerons ». « Ensuite, il est urgent que l’État prenne ses responsabilités et mette en œuvre un plan de soutien et de redressement digne de ce nom pour ceux qui sont en difficulté », poursuivait Philippe Vergnes.