Abonné

Grandes cultures Une moisson qui avance au rythme des orages

- - 4 min

Plutôt réussie au sud de la Loire, la moisson de blé se poursuit à un rythme ralenti plus au nord. Les orages freinent la progression des moissonneuses-batteuses. Or, dans certaines zones les épis sont mûrs. Déjà dans les silos, les orges d’hiver et les colzas ne connaissent pas ce problème. Pour ces deux cultures, volumes conséquents et qualité étaient au rendez-vous.

Responsable de la collecte chez Epis-centre, Denis Courzadet commencerait presque à s’agacer : « Il faut deux jours de soleil pour faire sécher les blés et nous avons de la pluie tous les trois jours ! », explique-t-il. La coopérative n’a donc pour l’instant réalisé que 20 % de sa collecte de blé. Elle n’est pas en retard pour autant. Depuis trois ans, c’est la norme au 20 juillet. Sauf que « les blés sont mûrs », précise Denis Courzadet. Il n’y a pas que dans le Centre que les orages d’été gênent la moisson. Pour Patrice Salomé, chez Cohésis, « il faudrait quatre jours de soleil » pour voir réellement démarrer la récolte. « Les blés sont mûrs et un retard supplémentaire pourrait affecter le rendement ou la qualité », constate de son côté Eric Grimompont, chez 110 Bourgogne. Chez ValFrance ou chez Nouricia, la moisson n’est guère plus avancée. Mais les inquiétudes sont plus limitées, les blés étant à peine mûrs du fait du manque de chaleur et des pluies.
« 5 ans que nous n’avions pas vu ça »
Lorsqu’elle a commencé, la moisson donne de bons résultats. Sur sa zone de collecte, Denis Courzadet enregistre pour l’instant un rendement moyen de 68 à 70 q/ha, supérieur de 4 à 5q/ha à celui de l’an dernier. « Cela fait 5 ans que nous n’avions pas vu ça », souligne-t-il. A 11,7 % de taux de protéines et 78 kg/hl de poids spécifique (PS), les blés affichent une bonne qualité. En Indre-et-Loire et en Sarthe, territoires d’Agrial, les rendements tournent pour l’instant autour de 70 à 75 q/ha. Ce que Philippe Vincent, responsable céréales de la coop, qualifie d’ « assez bon ». La qualité suit, avec un PS moyen de 77 kg/hl et un taux de protéines de 11 à 11,5 %. Plus au sud, Corea Poitou-Charentes a réalisé 80 % de sa collecte. « Les rendements sont assez corrects, plutôt en légère hausse par rapport à l’an dernier à 66, voire 67 q/ha de moyenne », indique Philippe Merle, en charge des céréales. Avec un taux de protéines de 11,5 et un PS de 79 à 80 kg/hl, la qualité ne pose, là aussi, pas de problème.
Des taux de protéines parfois faibles
En Charente-Maritime, Philippe Ballanger, responsable des céréales chez Syntéane, se montre également plutôt satisfait. « La bonne surprise est venue des blés semés tardivement en janvier, qui n’ont finalement pas souffert », précise-t-il. Le rendement moyen tournerait autour de 65 q/ha, avec des PS de 78 à 80 kg/hl. Côté protéines, le responsable estime toutefois le taux moyen de 10,5 à 11 % en deçà des espérances. « L’azote était cher et les agriculteurs ont probablement fait des apports au plus juste », signale-t-il. Une stratégie qui pourrait également pénaliser les collecteurs au nord de la Seine. Et ce d’autant plus si la récolte est un peu retardée. « En protéines, la tendance serait à 11,3 ou 11,4 %, prévoit par exemple Christian Renard, directeur de ValFrance. L’an dernier, nous enregistrions en moyenne un point de mieux ».
Le rendement au rendez-vous en orge d’hiver
Si des incertitudes persistent concernant la récolte de blé, rendements et qualité sont au rendez-vous en orge d’hiver. Agrial enregistrerait une moyenne de 70 à 75 q/ha, avec un PS de 65,5 kg/hl et un très bon calibrage, de 80 à 90 %. ValFrance estime pour sa part le rendement moyen autour de 82 q/ha. « Les rendements sont en hausse de 6 à 7 % par rapport à 2008, déjà une bonne année », note Eric Grimompont chez 110 Bourgogne, soulignant une hausse de 10 % du calibrage. A 60 q/ha, Philippe Merle se montre lui aussi plutôt content. Certes, Cap Seine devrait connaître une baisse de son rendement moyen de 10 à 15 q/ha dans les régions situées au sud de la Seine. Mais à 80/85 q/ha, il reste bon, comparé aux exceptionnels 100 q/ha de 2008. En orge de printemps, il faut encore attendre pour avoir une idée claire de la production. Quoi qu’il en soit, la campagne de commercialisation s’annonce d’ores et déjà difficile. Les cours des variétés fourragères et brassicoles sont largement inférieurs à ceux du blé. Un signe de la mauvaise santé du marché.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.