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Snacking Une mutation structurelle du marché

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A l’occasion de la huitième édition de l’European Sandwich and Snack Show qui s’est tenu les 7 et 8 mars à Paris, la société d’études Gira Foodservice a mis en avant les mutations qui s’opèrent au sein de ce secteur et les leviers potentiels qui pourraient dynamiser le secteur. Même si la France reste en retard par rapport à des pays comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne, le marché français enregistre des progressions de l’ordre de 13 % par an sur trente ans et pourrait poursuivre son expansion. Le marché du snacking a représenté, en 2006, un chiffre d’affaires de 23,5 milliards d’euros, dont 28 % réalisés dans les cafés et 23 % dans les Fast-Food. Etaient notamment présentes au salon : Speedwich qui est prête à poursuivre son développement, Cinquième Saison qui s’installe dans les légumes prêts-à-l’emploi et Le Delas qui s’étend pour accueillir des produits frais.

Le marché du snacking, en France, semble se modifier en profondeur. C’est en tout cas le constat que fait la société Gira Foodservice, à l’occasion de l’European Sandwich and Snack Show. Ces mutations suivent la montée en puissance de la consommation hors domicile. Les Français sont à la recherche de formules alimentaires efficaces, rapides et nutritionnellement équilibrées répondant à ses besoins physiologiques, tout en étant le moins cher possible. « Le consommateur est de moins en moins disposé à dépenser beaucoup d’argent et privilégiera une consommation nomade à une consommation à table plus longue et plus coûteuse, il préférera multiplier ses moments de consommation en fonction de ses besoins tout au long de la journée », selon Gira Foodservice. Ainsi, la restauration commerciale s’adapte à ces changements : modifications des formats horaires des repas, développement de formes hybrides de consommation, foisonnement et délocalisation des lieux de consommation par rapport aux établissements centrés sur la fonction restauration, baisse du ticket moyen de la restauration. En outre, le nombre d’établissements proposant une offre snacking continue de progresser pour atteindre un parc de 240 000 établissements, dont une majorité regroupe les boulangeries, les pâtisseries et les charcuteries-traiteurs. Chacun de ces points de vente enregistre en moyenne un chiffre d’affaires additionnel de 200 EUR par jour en ventes de produits snacking. Alors que la France reste en retard par rapport à certains de ses voisins européens, des leviers peuvent dynamiser davantage la croissance soutenue du marché. L’étude de Gira Foodservice met notamment en avant la mauvaise image nutritionnelle du snacking qui pourrait être atténuée, la diversification des moments de consommation, l’amélioration du merchandising, le développement des gammes et des variétés, le renforcement de la praticité des emballages.

Speedwich retrouve des couleurs

Repris en 2005 par Philippe Dailly et son associé, Speedwich peut enfin se lancer dans de nouveaux développements. « Nous avons remis de l’ordre dans la société en 2006 notamment en rationalisant notre portefeuille, nos clients, nos fournisseurs. Maintenant que nous avons retrouvé l’équilibre nous sommes dans une logique de développement», explique Philippe Dailly. Alors qu’elle enregistrait une perte d’environ 1 million d’euros en 2005, la société affiche une croissance entre 15 et 20 % par an pour un chiffre d’affaires de 7 M EUR en 2006. D’ici à deux ans, des investissements seront engagés sur son site de Brébières, dans le Pas-de-Calais, qui fabrique actuellement 70 000 pièces par jour. Présente en GMS, en « restauration embarquée », en restauration commerciale, Speedwich lance une nouvelle gamme de sandwichs conditionnée dans un emballage cartonné. « Ce type d’emballage reste un coût supplémentaire pour nous mais nous l’assumons pour valoriser notre offre en GMS et apporter de la qualité aux consommateurs », précise-t-il. Les DLC des sandwichs emballés dans du carton sont beaucoup plus courtes et nécessitent donc un effort logistique supplémentaire. Speedwich possède sa propre flotte de camions et livre tous les jours les commandes passées le matin. Le principal concurrent en France de Speedwich sur ce positionnement « haut de gamme » reste Le Kiosque à Sandwichs qui produit environ 30 à 40 000 unités par jour sur son site de Morangis, dans l’Essonne. L’ancien fournisseur spécialisé « haut de gamme » de Marks & Spencer connaît une croissance annuelle de son chiffre d’affaires entre 25 et 30 %.

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Cinquième saison affiche une croissance de 40 %

Jusqu’à présent spécialisée dans la salade en sachets, Cinquième Saison se développe dans les légumes prêts à l’emploi. « Ce type de produit ne représente qu’une très faible partie du marché frais en France, environ 3 %, 97 % du marché étant occupés par les salades. Nous souhaitons y prendre une position forte », explique Guy Muller, directeur marketing de Cinquième Saison. Présente exclusivement sous marque de distributeur, la filiale du groupe islandais Bakkavor se présente comme le troisième intervenant des salades en sachet derrière Florette et Bonduelle. Elle a réalisé, en 2006, un chiffre d’affaires de 50 M EUR, en progression de 40 % et prévoit une croissance de 20% pour l’année 2007. De son côté, avec un chiffre d’affaires d’1,7 Md d’euros, le groupe Bakkavor possède 47 entreprises réparties dans le monde et présentes sur 17 catégories différentes dont le dénominateur commun reste le frais. En France, le groupe islandais est présent à travers Cinquième Saison en GMS et Crudi, notamment fournisseur de McDonald’s, en RHF.

Le Delas s’agrandit

Le Delas vient de terminer les travaux d’agrandissement de sa surface de vente de 3 000 m2 supplémentaires, dont la moitié sera consacrée aux produits frais qui n’existaient pas jusqu’à présent chez Le Delas. Se présentant comme le premier fournisseur de la restauration, Le Delas atteint ainsi une surface de vente de 7 100 m2 et développe son catalogue de références de 8 000 à 12 000. « Avec ce concept de multi-cash de qualité, nous souhaitons devenir l’acteur incontournable de l’évolution du MIN : nous disposons au cœur du marché de Rungis d’une richesse d’approvisionnement extraordinaire, c’est un atout que nous comptons exploiter pleinement », souligne Antoine Boucomont, p.-d.g. du Delas. Né à Rungis en 1969, Le Delas a réalisé, en 2006, 55 M EUR de chiffre d’affaires, dont 5 % à l’international.