L’AGPM (producteurs de maïs) s’est montrée le 21 octobre déçue par la récolte 2020, affichant un rendement stable et « des résultats économiques incertains », sans trop miser sur l’embellie actuelle des prix.
La production est estimée à 13,6 millions de tonnes (Mt) de maïs grain, plombée par un rendement moyen de 89,4 q/ha (89,3 q/ha l’an dernier) inférieur à la moyenne quinquennale (93,1 q/ha). Pourtant, les surfaces grimpent de 10 % sur un an, à 1,57 million d’hectares (après 50 000 ha de transfert vers le fourrage), profitant des difficultés de semis en cultures d’hiver. Mais le maïs n’est pas épargné par les caprices de la météo. Des excès et manques d’eau se traduisent par une grande amplitude des rendements, « corrects voire très bons » chez les irrigants, alors qu’il y a « de tout » côté maïs pluviaux, entre « très mauvais » et « très bons », a indiqué en conférence de presse Thomas Joly, responsable de la filière maïs à Arvalis. Cela entraîne localement une collecte en retrait de 5 à 15 %, notamment dans le Sud-Ouest, et jusqu’à « -30 % pour certains OS » (organismes stockeurs).
La production de maïs fourrage, très affectée par la sécheresse dans le Nord-Est, a été préservée en zones océaniques. Au final, « les performances seront meilleures qu’en 2019, en quantité comme en qualité », selon un communiqué de presse. La production de maïs semence est marquée par une hausse des surfaces pour la troisième année consécutive, à 80 400 ha (+17 % sur un an). Toutefois, le résultat technique est inférieur à l’objectif, voisin des 90 % en France, probablement sous les 90 % à l’échelle de l’UE. En maïs doux, la sole française atteint 23 000 ha (+3 %), dont une production biologique qui se maintient à 6 % du programme total. Des excès d’eau accompagnés de vent ont tout récemment provoqué de la verse sur « 4 000 à 4 500 hectares » et des conditions de récoltes difficiles, d’après Thomas Joly. Le résultat global s’avère inférieur à l’objectif et proche de 95 %.
Volatilité des prix
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Sur le plan économique, la situation apparaît « difficile ». Une baisse du chiffre d’affaires par hectare de maïs est prévue, de -1,2 % par rapport à la moyenne 2015-19, selon Arthur Boy, chargé de mission à l’AGPM. Elle s’appuie sur une hypothèse de prix « assez prudente », à 150 €/t payé net de frais de séchage (comme retenu l’an passé), alors que le niveau actuel est « aux alentours de 170 €/t ». Une remontée des cours est constatée depuis quelques semaines, à 186 €/t sur Euronext le 15 octobre (contre 164 €/t un an plus tôt). Mais l’AGPM souligne le risque de volatilité, liée notamment à la crise de la Covid-19 et à la demande chinoise. Des incertitudes existent sur le volume et la durée des achats de maïs par la Chine, considère Arthur Boy. En cause, une gestion « opaque » de ses stocks. Le marché mondial est aussi en proie à la spéculation, avec des fonds très largement en position nette acheteuse.
89,4 q/ha en 2020 contre 93,1 q/ha sur cinq ans