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Grandes cultures Une récolte française en hausse et des qualités plutôt correctes en 2012

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Malgré d’importants dégâts de gel en France cet hiver, notamment sur son nord-est, la sole de grandes cultures du pays pourrait donner de bons résultats lors de la récolte 2012. Grâce aux pluies arrivées au printemps, les rendements devraient être, en moyenne nationale, meilleurs qu’en 2011. En revanche, des craintes sur la qualité des productions apparaissent, aussi en raison de l’humidité, mais elles ne sont pas encore avérées, excepté pour le blé dur.

«Il n’y a pas d’inquiétudes à avoir sur le blé tendre au niveau de la qualité », indique Céline Sicard, analyste de marchés pour l’union InVivo. Cependant, des craintes existent sur les taux de protéines en blé tendre. Benoît Labouille, directeur général d’Offre et demande agricoles, indique qu’il pourrait manquer 0,5 point de protéines aux blés tendres français en 2012. « On s’attend à un pic des productions de blé tendre dont les taux de protéines se situeraient entre 11 et 11,5% » précise-t-il. Ces taux baisseraient par rapport à 2011 en raison de précipitations abondantes ayant dilué les concentrations de protéines dans les grains avant les récoltes.

Des qualités qui ont pu souffrir de l’humidité

Pour Céline Sicard, « peu de cas de fusariose ont été remarqués sur le blé tendre cette année, ce qui devrait limiter le risque de mycotoxines sur les grains stockés ». La spécialiste précise qu’un climat humide a fait craindre aux producteurs une forte pression maladie au printemps, les incitant à optimiser leurs traitements fongicides. « Cependant, les grains étaient aussi trop secs pour que le champignon s’y développe », indique-t-elle. Elle poursuit : « De plus, les agriculteurs n’ont pas hésité à traiter en raison de perspectives de prix soutenus pour les grandes cultures en 2012 ». Le constat est le même pour les orges d’hiver ou les colzas. En revanche, Céline Sicard explique que les blés durs ont, eux, soufferts de la pluie et de la verse à la récolte dans le Centre. Cette région, principale productrice de blé dur en France, devrait connaître un fort taux de grains mitadinés cette année. « On trouve des lots de blé dur mitadinés à plus de 40% », indique Benoît Labouille. Ces tâches blanches et farineuses dans les grains de blé dur récoltés diminuent les rendements semouliers de ces productions. Dans ce cas, des réfactions de prix d’achat sont prévues par les contrats liant collecteurs de blé dur et fabricants de pâtes ou de semoules.

Une pluie tardive globalement salvatrice

La pluviométrie tardive mais régulière a plutôt profité aux rendements des grandes cultures cette année en France, souligne Céline Sicard. « Les pluies augmentent les poids de mille grains (PMG) », précise la spécialiste. Aussi, les pluies ont tendance à affaiblir les taux de protéines des orges de printemps, permettant aux productions de répondre aux cahiers des charges de la brasserie. Selon Céline Sicard, « les rendements seront meilleurs que prévu en début de saison ». Ils s’établiraient à plus de 71 quintaux par hectare (q/ha) en blé tendre en moyenne, contre 68q/ha en 2011, au dessus des 50 q/ha en blé dur (48q/ha en 2011), dépasseraient les 65q/ha en orges d’hiver (60q/ha en 2011) et seraient supérieurs à 35q/ha pour les colzas (34q/ha en 2011). Cependant, les taux d’humidité du blé tendre et des orges d’hiver pourraient être élevés en raison des pluies, « mais sur l’ensemble de la sole française tout n’est pas joué », précise Céline Sicard. « Si la pluie s’arrête, le taux d’humidité des blés tendres sur le nord de la France, où les récoltes commencent à peine, pourrait être meilleur », ajoute l’analyste. Selon elle, les taux d’humidité en orge d’hiver et blé tendre pourraient ainsi tourner autour des 14% en 2012.

Des récoltes en retard

« Dans la partie nord de la France les récoltes de blé tendre devraient être réalisées dans les deux prochaines semaines, selon le climat », explique Céline Sicard. Elle indique qu’au 24 juillet, 5 à 10% du blé tendre est récolté en France, contre 50 à 60% en 2011 à la même époque. « Un retard logique, lié à des sommes de températures faibles à cette époque de l’année pour les végétaux », selon Céline Sicard. Elle indique aussi que « pour le colza, les récoltes commencent à peine dans le nord est, mais qu’au sud les rendements ont été plutôt bons ». « Dans le nord-est du pays, les dégâts de gel pourraient réduire la moyenne nationale, mais des rendements bons à très bons dans les autres régions devraient limiter cette baisse », tempère Céline Sicard. Enfin, pour le maïs, la spécialiste souligne qu’il est encore trop tôt pour se prononcer. Cependant, elle estime que « si des restrictions à l’irrigation commencent à être mises en place en France, des précipitations régulières ne font pas craindre de problème sur les cultures pour le moment ». En revanche, « les stades du maïs sont en retard en raison de températures fraiches depuis le début de la mise en culture » explique-t-elle. « Une récolte tardive dans la saison peut faire craindre des manques d’eau au moment du remplissage des grains, mais le risque n’est pas avéré pour le moment », souligne Céline Sicard. Même constat en orge de printemps, il est un peu tôt pour se prononcer, mais, avec les pluies, les rendements devraient être bons.

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