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Etude Une réflexion sur les compétences pour les chefs d’exploitation de grandes cultures

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Le fonds d’assurance formation, Vivea, a lancé un travail de réflexion sur le métier de chef d’exploitation spécialisés dans les grandes cultures. Son objectif : anticiper les besoins en compétence et en formation des professionnels de la filière. Les premiers résultats sont attendus pour septembre 2012.

Etonnant intérêt de Vivea pour les grandes cultures. Non pas que la filière en soit désuètude, mais bien parce que l’organisme avait jusqu’ici l’habitude de répondre aux secteurs en crise. « Il est vrai que nous agissons le plus souvent en réaction. Mais plutôt que de travailler sur des besoins ponctuels, nous avons souhaité lancer une démarche de plus long terme, prospective, afin d’anticiper les besoins », note Sylvie Bourgeais, directrice Ingénierie et formation de Vivea. C’est dans ce sens que pour la première fois l’institution a lancé fin 2011 une réflexion sur les grandes cultures, en réponse, au départ, à une demande des chefs d’exploitation de la filière. « Au regard des grandes mutations en cours, ils nous ont sollicités en vue d’anticiper leurs besoins », confirme la directrice. Volatilité des prix, augmentation du prix des intrants, pression sur la gestion de l’eau, contexte réglementaire accru, etc. : « Les producteurs de grandes cultures sont confrontés à des aléas dont les effets sur les exploitations sont de plus en plus prégnants. On observe notamment une forte fluctuation des revenus des exploitations d’une année sur l’autre ». Quels scénarios d’évolution possibles pour la filière dans dix ans ? Quelles nouvelles compétences à maîtriser pour le chef d’exploitation dans dix ans ? Vivea a lancé en novembre 2011 une démarche d’analyse prospective du métier à cet horizon.

Une démarche participative
Associé au centre d’étude et de réflexion prospective Futuribles, Vivea s’appuie dans sa démarche sur un groupe de travail composé à la fois d’experts et de chefs d’exploitation spécialisés dans les grandes cultures. Réuni très régulièrement depuis le début de l’année, ce groupe raisonne à partir d’une trentaine de variables : « Il peut s’agir de la concurrence, de la croissance économique, des règlementations environnementales, du profil démographique, des aides et subventions, de la prise en compte des intrants, etc. : l’idée, pour parvenir à l’élaboration de scénarios à + dix ans, est de croiser les regards, disons très concrets, de terrain, des chefs d’exploitation avec ceux d’experts », décrit Gaëlle Labarrade, en charge du projet au sein de la Direction ingénierie et formation de Vivea. Parmi les experts, on note les organisations professionnelles agricoles fondatrices du fonds – APCA, Confédération Paysanne, Coordination rurale, FNSEA et JA – et les acteurs de la filière – Prolea, Arvalis, Orama, Coop de France Métiers du grain, Invivo. « Cela donne lieu à des réunions très intéressantes avec des visions parfois très différentes. Mais comme nous raisonnons par hypothèse, nous parvenons bien souvent à un consensus ».

Résultats en septembre
Les premiers résultats de ce travail sont attendus pour septembre 2012 : « Nous présenterons à ce moment-là les scénarios d’évolution pour les grandes cultures et plus spécifiquement les compétences dont les chefs d’exploitation. La finalité est d’identifier celles qui seront nécessaires à l’exercice du métier », explique Gaëlle Labarrade. Dans un deuxième temps, des orientations pour faire évoluer l’offre de formation seront définies au vu des compétences dégagées.
195 000 producteurs de grandes cultures sont contributeurs du fonds d’assurance formation Vivea qui regroupe environ 650 000 chefs d’entreprise agricole, entrepreneurs du paysage, de travaux agricoles et forestiers.

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