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Une rentrée mouvementée pour la forêt publique française

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Reprise des ventes publiques, négociation du contrat filière, lancement du label UE… la forêt publique française vit une rentrée mouvementée. Les prochains mois de 2015 seront décisifs pour l'ONF, les communes forestières et l'Etat.

«L 'ambiance risque d'être tendue... on va voir », expliquait Alain Lesturgez, directeur général de la Fédération nationale des communes forestières (FNCofor) à AgraPresse, le 1er octobre. Son assemblée générale se tenait le 1er et le 2 octobre à Nancy où le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll était attendu. Le contrat d'objectifs et de performances 20162020 entre l'ONF (Office national des forêts), l'Etat et la FNCofor est en cours de finalisation.

Mais l'augmentation des coûts pour les communes forestières inquiète (frais de garderie par exemple). « Les élus sont très attachés à l'office, poursuit Alain Lesturgez, mais nous ne pouvons pas encore dire si le contrat sera signé ». Les élus sont d'autant plus inquiets que le Projet de loi de finances 2016, présenté le 30 septembre, confirme une baisse de 9,6% de la dotation globale de fonctionnement (DGF) aux communes par rapport à 2015. Christian Dubreuil, directeur de l'ONF, précisait à propos du contrat d'objectifs, le 1er octobre : « Les choses ne sont pas bouclées, notamment sur les efforts à fournir pour l'ONF, l'Etat et la FNCofor ». D'autres points font, eux, consensus, comme l'incitation à former des syndicats intercommunaux pour simplifier la gestion les petites forêts communales. « Reste à savoir si le contrat fixera une obligation, une incitation, un système de bonus-malus… cela reste à déterminer », développe Alain Lesturgez. Si une entente est trouvée, le contrat doit être signé d'ici la fin de l'année 2015. Deux conseils d'administration de l'ONF en octobre seront décisifs et devraient préciser les évolutions du contrat.

Exportateurs contre le label UE

Un autre sujet s'est invité à la rentrée de la filière forêt-bois : le lancement du label Union européenne pour le chêne. Le 18 septembre, la Fédération nationale du bois (1 750 entreprises du bois, chiffre d'affaires : 5 milliards d'euros) communiquait : « Déjà 150 entreprises engagées en huit jours ». Ce label est temporaire, jusqu'au 31 décembre 2016. L'objectif est de « sécuriser l'approvisionnement des scieries de chêne », rappelle le Fordaq (réseau de ventes de la filière bois), reprenant la FNB. Relocaliser la transformation en France n'est pas dans l'intérêt des exportateurs (courtiers, scieurs). Gérard Napias, président des EDT (entrepreneurs des territoires), commente : « Les parties nobles du chêne sont transformées en France. Mais les autres parties sont habituellement exportées ». Les doutes de certains scieurs/exportateurs portent sur l'existence de débouchés UE pour ces parties habituellement exportées hors UE. Dans le même temps, le déficit de chênes dans les scieries françaises est inquiétant et confirmé par le rapport du député Christian Franqueville remis à Stéphane Le Foll le 8 septembre (1).

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À Beaune, la première vente concernée par ce label UE a été bloquée le 15 septembre par des exportateurs. Christian Dubreuil ajoute : « Finalement, la vente de Beaune a eu lieu le 28 septembre. Tous les lots on été vendus ». Pour l'ONF, ce sujet est derrière lui. De fait, les opposants au label s'ils exportent une partie du bois de chêne hors UE ont, de toute façon, besoin des autres parties du bois de chêne pour leurs usines en France.

Scieurs inquiets sur les délais de paiement

Enfin, la rentrée de la forêt publique a été perturbée par les inquiétudes exprimées par les scieurs de bois français. Des chiffres d'augmentation du premier acompte pour le paiement du bois public ont circulé. Christian Dubreuil a rétabli certaines vérités : « Il n'y aura pas de modification du calendrier (de paiements, ndlr) en vigueur, au moins jusqu'au 31 décembre 2016 ». Ainsi, l'échéancier reste de 22,5% pour le premier acompte, suivi de trois versements (22,5%, 27,5% et 27,5%) au moins jusqu'au 31 décembre 2016. 2016 sera l'année des négociations sur ce sujet qui occupe l'ONF et l'ensemble de la filière forêt-bois. A suivre…

(1) voir l'article publié dans Agra Presse, le 14 septembre : « Vers un manque de chênes pour les scieries françaises »