A l’occasion des quatrièmes rencontres parlementaires de l’agriculture durable, chercheurs, industriels et politiques ont fait le point sur les principaux leviers à activer pour que l’agriculture française produise « plus et mieux » dans les années à venir. Les intervenants ont souligné la nécessité d’un accompagnement (technique, financier…) pour que les nouvelles méthodes soient diffusées auprès des agriculteurs.
Qu’on l’appelle agriculture à haute performance environnementale, écologiquement intensive ou durable, la révolution agricole du XXIe siècle est déjà en cours et n’est pas près de se terminer ont témoigné les spécialistes invités par le sénateur de la Gironde Gérard César et le député du Bas-Rhin Antoine Herth lors des quatrièmes rencontres parlementaires sur l’agriculture durable, lundi 22 décembre. Pour Michel Griffon, directeur général adjoint de l’Agence nationale de la recherche (ANR) l’important, aujourd’hui, est de mettre au point des voies de transition entre les deux modèles. « La recherche de nouvelles molécules moins toxiques prend du temps,a confirmé Vincent Gros, président de BASF Agro, et la réduction de 50% des phytosanitaires (préconisé par le Grenelle de l’environnement) risque de prendre plus de 10 ans ». « Lors du Grenelle, il a manqué aux filières agricoles des indicateurs capables de montrer à la société que nous sommes déjà dans un cercle vertueux », a-t-il déploré. Par exemple BASF développe actuellement la technologie des polymères pour rendre les molécules phytosanitaires solubles dans l’eau et ainsi limiter l’utilisation de solvants qui sont très polluants mais la mise sur le marché de ce type de produits risque d’être longue.
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Encourager la modernisation
Pour accélérer le mouvement, une modification des techniques de culture doit être envisagée. « On s’était éloignés de l’agronomie depuis quelques dizaines d’années car il était plus rentable d’utiliser des intrants, il faut donc maintenant faire une nouvelle révolution agronomique, mais cela prendra du temps pour impliquer tous les partenaires (recherche, chambres d’agriculture, enseignement…) », a expliqué Marion Guillou. Pour la p. -d. g. de l’Inra, cette révolution se fera si « au-delà des innovations de rupture, les conditions de leur acceptation par les agriculteurs sont anticipées (répercussions sur le temps de travail, le revenu…) ». Jean-Marie Aurand, directeur général des politiques agricoles au ministère de l’Agriculture, a rappelé qu’à « l’occasion du bilan de santé de la Pac, la Commission européenne a fait le choix d’intensifier la modulation vers le second pilier de la Pac afin de financer de nouveaux défis comme la lutte contre le changement climatique, la perte de la biodiversité ou encore le développement des énergies renouvelables ». « Produire plus et mieux c’est donc possible à condition de maintenir les politiques agricoles volontaristes », a conclu le représentant du ministère.